Marie-Claude Julié , directrice de la Bibliothèque départementale de Tarn-et-Garonne

 

1-Présentation générale des réponses

45 bibliothèques départementales ont répondu.

  • 20 festivals :
    Aisne, Alpes-Maritimes, Côte d’Or, Finistère, Gard, Loir-et-Cher, Lot-et-Garonne, Manche, Nièvre (création), Oise, Bas-Rhin, Saône-et-Loire, Sarthe, Tarn, Tarn-et-Garonne, Touraine, Territoire de Belfort et dans le cadre d’un festival commun : Corrèze, Creuse, Haute-Vienne.
  • 3 participations sous autre forme :
    Mayenne (soutien financier), Pas-de-Calais, (soutien financier), Vosges (inclus dans manifestation plus large).

22 BDP répondent qu’elles "n’ont pas de festival" :
Alpes de Haute Provence, Ardennes, Ariège, Charente Maritime, Indre, Isère, Jura, Loire Atlantique, Loiret, Haut Rhin, Savoie/Haute Savoie, Yonne, Martinique, La Réunion,

Mais 7 répondent avec nuances :

  • Cher, " organise très régulièrement des formations au conte et cherche à encourager et coordonner les conteurs de son réseau.
  • Drôme, " 5 festivals dans le département "
  • Landes, " 1 festival sur une ville soutenu par le CG "
  • Moselle, en cours de réflexion.
  • Rhône, " la BDP prend en charge chaque année une formation spécifique pour un groupe de conteurs amateurs regroupés en association ".
  • Seine Maritime, " des formations et un réseau de conteurs en projet "
  • Vaucluse, " des stages "
  • Pyrénées Orientales, " thème conte pour le dernier " Lire en fête ".

Les premières initiatives de Festival de contes en BDP remontent aux années 1989.

Le "Festival du conte des Alpes Maritime", alors géré par l’association des amis naît en 1989, au même moment, en Alsace "Cordial" (Association de coopération régionale pour la documentation et l’information en Alsace) organise avec les Bibliothèques municipales (sans limite de population) et départementales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin le festival "Contes en Alsace".

La forme était déjà trouvée : un territoire, une coordination, plusieurs conteurs, plusieurs lieux. "Les soirées contées en Lot-et-Garonne " datent de 1991, "Coup de contes en Côte-d’Or" de 1992. De même que " Conteurs en campagne " , organisé par la Fédération des foyers ruraux du Pas-de-Calais avec le concours de la BDP.

Au fil des années, de nouvelles BDP mettent ce type d’action dans leur politique d’animation, avec des variantes pour la construction et les partenariats.

Le mouvement s’amplifie vers l’an 2000, puisque pas moins de 8 festivals sur les 20 recensés voient le jour à partir de 2000.

On peut identifier - des festivals qui sont des initiatives exclusivement BDP (avec maîtrise d’œuvre complète) - des festivals où il y a un partenariat important avec autre structure (association, etc.) - des festivals où l’apport de la BD est d’expertise et de conseil, et où il y a subvention du CG pour achats de spectacles.

Chronologie de création des festivals en activité
1989 Alpes-Maritimes : "Festival du conte des Alpes-Maritimes" (1989-1994 : association, 1996 : reprise par la médiathèque).
1991 Lot-et-Garonne : "Soirées contées en Lot-et-Garonne"
1992 Côte d’Or : "Coup de contes en Côte-d’Or"
Pas-de-Calais : "Conteurs en campagne"(organisé par la Fédération des foyers ruraux du Pas-de-Calais avec le concours de la BDP.)
1995

 

Manche : "Le conte rêve en Manche"
1996 Tarn-et-Garonne : "Alors raconte !"
1997 Sarthe : "Mots d’hiver"

Creuse : "Coquelicontes", Festival itinérant du conte en Limousin
Corrèze : "Coquelicontes", Festival itinérant du conte en Limousin
Haute-Vienne : "Coquelicontes", Festival itinérant du conte en Limousin

1998 Gard : "Contes en balade"

Indre-et-Loire : "Conteurs en Touraine"

1999 Bas-Rhin : "Paroles d’hiver" Festival de la parole et du conte
2000 Oise : "Contes d’automne"

Saône-et-Loire : "A moi, contes... !"
Tarn : "Contes en balade"
Territoire de Belfort : "Festival du conte du Territoire de Belfort"

2001 Aisne : "Le printemps des conteurs"

Finistère : "Il était une fois le conte en Finistère"
Loir-et-Cher : "Amies voix"

2002 Nièvre : Pas de nom spécifique

2. La spécificités de festivals

La première question, ouverte, concernait la spécificité du festival.

Pour certaines BDP cette spécificité est lié à l’objectif recherché :

  • créer un événement qui fédère les bibliothèques du réseau
  • créer un événement qui donne une image à la Bibliothèque départementale
  • participer au développement culturel des communes en milieu rural.
  • permettre à des BM de petites communes de mettre en place des animations tous publics et de se faire une place dans le dynamique communale.
  • valoriser le conte en tant que littérature orale, partie intégrante du patrimoine littéraire, et à ce titre du domaine de compétence des bibliothèques.
  • mettre en valeur le lien livre, conte, bibliothèque
  • valoriser le patrimoine rural dans le choix des lieux de spectacles.

Pour d’autres elle est lié au choix de programmation : différentes formes à remarquer :

  • des manifestations exclusivement BDP de spectacles de contes en milieu rural, avec un souci de programmation tous publics, et pas seulement jeunesse.
  • la place accordée à des conteurs et conteuses locaux, intégrés dans une programmation de conteurs nationaux, comme dans le Tarn, le Lot-et-Garonne.
  • des programmations élaborées, surtout pour des BDP qui ont une dizaine d’années de pratique, comme les Alpes-Maritimes : spectacles en plein air, paroles non professionnelles en 1ère partie, conteurs en résidence depuis 98 et paroles croisées en clôture du Festival. Place de la " création " depuis 2001. Stage précédent le Festival depuis 2001.

Pour d’autres encore la spécificité est liée à l’organisation

  • des programmations avec une coordination originale à l’échelon régional ,
    • comme en Limousin où l’Association limousine de coopération pour le livre coordonne avec les 3 BDP du Limousin : Corrèze, Creuse, Haute-Vienne,
    • comme dans le Pas-de-Calais, où les spectacles de contes organisés en milieu rural visent à " capter " un public urbain. Organisé par la Fédération des foyers Ruraux avec le soutien de la MDP 62,
  • la coopération avec des scènes nationales, des théâtres, des villes de plus de 10 000 habitants, pour des programmation avec des spectacles "lourds" :
    • comme dans le Bas-Rhin. " Les Scènes du Nord " regroupent 8 salles de spectacles du Nord du département auxquelles se sont associées 6 BM (de communes de + de 10 000 h). La BDBR (centrale et annexes) participe à ce festival depuis 1999 avec un nombre variable de BM de son réseau. L’idée est de présenter " du conte et de la parole " sur des scènes de spectacles et aussi dans les BM.
    • comme dans le Territoire de Belfort,
      Partenariat avec 3 théâtres (dont une scène nationale) pour l’accueil de spectacles nécessitant une infrastructure importante. Pas d’accueil de conteurs amateurs dans la programmation, mais une soirée scène ouverte aux jeunes talents. En 2002, mise en place d’un temps de formation durant le festival. Organisation de joutes conteuses avec les collèges du département. Formation " conte en troc " en partenariat avec Jeunesse et sport. Le festival est un temps fort, mais les conteurs sont accueillis toute l’année à raison d’un artiste par trimestre.

3. La programmation

3.1 - Responsabilité de la programmation

Toutes les BDP sont responsables de la programmation ; avec des nuances quant à l’organisation de cette programmation et des partenariats , il peut y avoir :

  • un conteur professionnel associé à la programmation
  • un programmateur professionnel
  • l’association des amis
  • une équipe avec un ou des groupes de travail (programmation, formation, administration, auberge du conte,...).
  • un responsable en interne à la BDP
  • un théâtre
  • une agence régionale de coopération et une programmation liant 3 BDP (Corrèze, Haute-Vienne, Creuse).

ou bien :

  • chaque structure est responsable de sa programmation, la BDP se chargeant de la soirée inaugurale ou de celle de clôture.

ou bien :

  • la BDP a un rôle d’expertise et de conseils (recherches d’intervenants, de supports d’accompagnement comme les expositions,...) (Mayenne).
  • La BDS soutient à hauteur de 40 % les BM désirant organiser un accueil de conteur pour un spectacle (qui n’a pas forcément lieu à la BM), dans le cadre d’un festival organisé par la Fédération départementale des Foyers Ruraux (Sarthe).

3.2 - Sources d’information pour la programmation

Elles sont multiples.

Arrivent en premier les programmes des festivals et les publicités des conteurs, au même niveau que l’écoute des conteurs en spectacle ; suivis de près par "le bouche à oreille", ce qui est logique pour le conte , et par les sites internet des festivals et des conteurs. La littérature "professionnelle" informant sur le conte est connue, mais peu utilisée pour la programmation. L’agenda trimestriel de la littérature orale est cité 5 fois et la lettre de Chevilly-Larue 7 fois seulement.

Chaque structure a en moyenne plus de 4 sources d’information différentes. Mais ce qui est privilégié avant tout c’est l’écoute des conteurs. De nombreux collègues insistent : "Aucune programmation sans avoir vu tout ou partie du spectacle du conteur". "Entendre et voir les conteurs reste d’importance" - avec une remarque : mais génère de nombreux problèmes dans un contexte difficile (surcharge de travail liée aux 35 heures ; éloignement ; disponibilité...)

Un collègue signale un double réseau d’information : celui du conte et celui du théâtre, dans le contexte particulier de son partenariat.

Plus un festival est connu, plus il génère l’envoie de publicités par les conteurs.

Une collègue indique : Impossible d’aller partout ! Heureusement que nous pouvons croiser les différentes sources d’information. Cependant, nos publics étant très proches d’une BDP à l’autre, je trouverais très intéressant que nous puissions entre organisateurs trouver un lieu d’échanges de nos impressions. Site ADBDP ? Sinon nous sommes prêts dans le T de B à ouvrir un forum sur ce thème à partir de notre ECM. Avis aux amateurs. (Territoire de Belfort).

3.3 - Festivals fréquentés pour la programmation

C’est le festival du conte de Vassivières qui arrive en premier pour la fréquentation : 10 BDP y vont ; et ensuite les festivals de Chevilly-Larue et de Dinan (cités par 5 BDP). Le fait que ces festivals programment des journées professionnelles, au cours desquelles il est possible d’écouter un nombre important de conteurs n’y est sans doute pas étranger.

Pour les autres festivals, ils sont tous fréquentés, mais peu, et c’est surtout la proximité qui joue : Arts du récit -Grenoble, CLIO - Vendôme, L’Ogre de Barbarie - Paris, Mythos -Rennes.

Sont cités en plus : Les Allumés du verbe à Bordeaux, le festival du conte de Limoux, celui de Cap-Breton et bien sur les festivals dans les BDP voisines et ceux de moindre envergure.

Certains ne fréquentent pas de festival et le regrettent ; mais les occasions d’écoute sont nombreuses : soirées " isolées " de conteurs dans la grande région ; c’est surtout les questions d’emploi du temps qui limitent le temps consacré aux déplacements pour la programmation.

3.4 - Comment construisez-vous votre programmation sur le plan artistique (choix des conteurs, de thème, des spectacles...) ?

Plusieurs options, qui se recoupent pour certaines :

Ce qui apparaît en premier c’est le souci de diversité, de variété, d’équilibre ; la programmation selon des thèmes est très rare.

  • Equilibre entre conteurs déjà venus au festival et nouveaux venus.
  • Conteurs et répertoires variés quant aux cultures évoquées, aux pays de référence, aux types d’histoires.
  • Conteurs aux personnalités très différentes, pour "offrir un bouquet varié" aux spectateurs.
  • Parité conteuses/conteurs.
  • Une place est réservée aux " nouveaux talents " ; conteurs locaux.
  • Spectacle simples et spectacles plus importants dans des salles équipées
  • Spectacles adaptés aux communes et aux publics (facile, difficile, continu, histoires nombreuses...)
  • Programmation d’un moment fort : nuit du conte, balade contée,...
  • Souci de prolongement pour les BM de son réseau (découverte de conteurs pouvant intervenir dans les BM, expositions, conférences, scènes ouvertes de conteurs locaux).
  • " Le but de chaque programmation est de proposer des univers différents et des sensibilités toujours renouvelées : conteurs de régions et de pays variés, jeunes et moins jeunes, équilibre entre hommes et femmes, conteurs seuls et avec des musiciens. "

Conteurs locaux :
Une BDP donne la préférence aux conteurs régionaux et conteurs formés dans ses stages.

Thème :

- Nous travaillons beaucoup par thématique afin de faire le lien avec les BM par le biais d’expositions et/ou valises thématiques.

3.5 - Apportez-vous votre soutien à la création de spectacles ?

La réponse à cette question est "Non" à la grande majorité.
La seule raison donnée est "faute de moyens".

Malgré tout il y a des initiatives, timides, à l’occasion d’un évènement : la 50 ème soirée conté) ; l’expérience (une BDP qui en est à son 14 ème festival) ; un partenariat avec une structure plus importante et professionnelle.

Trois département signalent une aide à la création par le biais de subventions :

  • " aide à la création de spectacles légers de contes en direction des bibliothèques ". 25 spectacles créés de 1998 à 2001. Subventions accordées selon plusieurs critères (3) spectacles visant le tout public par des conteurs professionnels dont le cachet est inférieur à 915 € TTC.
  • Au travers de la Direction de l’action Culturelle, par une subvention à la création.

3.6 - Comment les communes participent-elles au choix des conteurs ?

La situation la plus fréquente est un choix "libre" - mais limité, encadré - dans une présélection établie par la BDP (conteurs, spectacles, dates), avec ensuite harmonisation : "L’organisation est simplement (semi) directive ! "

Les variantes :

- Une fois le conteur "attribué", les communes ont le choix du spectacle, à négocier avec le conteur.

Et dans le cas de partenariats ou de subventions :

- Publication d’une plaquette par le CG 62 présentant l’ensemble des spectacles vivants agréés par le CG dont les spectacles de contes en direction des BM.
- Les communes reçoivent 3 catalogues : jeune public, veillées scolaires), elles choisissent conteurs et dates souhaitées. ALCOL coordonne la programmation finale.

Et enfin :

  • Elles ne participent pas. Nous imposons le conteur, pour éviter qu’elles se précipitent toutes sur les mêmes, (les plus connus).
  • Elles n’y participent pas, c’est la BDP qui choisit, sauf s’il y a une demande plus spécifique par rapport à une animation prévue par la BM de la commune : ex. demander à recevoir un conteur africain lors d’une exposition sur l’Afrique.
  • Non, sauf si elles prennent en charge le financement. Les communes nous précisent si elles veulent un spectacle tout public ou enfant. Nous les mettons en relation avec un conteur avec lequel elles choisissent un thème.

4 - L’ORGANISATION

4.1 - Organisation temporelle

L’investissement temporel est important ; 10 BDP programment plus de 15 jours : 5 pendant 1 mois, 4 sur une période de 15 jours à un mois ; et même 1 programme durant 2 mois.

Pour le reste très variable : allant de 1 semaine, à étalé sur l’année, ou durant des week-ends ; avec en note : pas plus de 2 ou 3 spectacles simultanés, sinon, ça devient très lourd.

Avec des complément intéressants ou des enchaînements :

  • Ouverture faite dans une commune où le Festival s’est clôturé l’an passé.
  • spectacle unique " paroles croisées " : conçu par l’ensemble des conteurs tout au long de la semaine (puisqu’ils sont en résidence sur les 8 j.).
  • 1 dimanche consacré à une scène " dé-couverte " ;
  • 1 dernier dimanche pour le goûter conté de fin de festival qui réunit conteurs et spectateurs de la quinzaine.

4.2 - Nombre de spectacles

Les BDP constituent un réseau non négligeable pour la programmation : pour 2002, avec les éléments dont je disposais, je recense au moins 356 spectacles insérés dans des "festivals". Sans compter bien sûr les spectacles isolés ou ceux soutenus financièrement et non comptabilisés.

Ce qui est intéressant c’est l’affirmation d’une programmation tous publics par les BDP : 272 spectacles tous publics et seulement 57 pour enfants.

  • Spectacles pour enfants organisés directement par les BM du réseau.
  • Il y a eu des spectacles enfant au début, mais cela créait la confusion : conte = enfant.
  • Les BM choisissent la facilité en faisant des spectacles pour les scolaires (public garanti).
  • Volontairement, aucune programmation de spectacles spécifiques pour les enfants, ce sont des soirées pour grands enfants et adultes (quelques soirées à partir de 7 ans).
  • Le nombre des spectacles s’accroît chaque année, en liaison avec la création des MTR.

Quelques variantes par rapport aux spectacles traditionnels : 15 balades contées ; 5 apéro contés ; et 6 plateaux de conteurs et/ou scènes ouvertes pour amateurs.

Le nombre de spectacles organisé s’établit dans une fourchette très large : de 5 (pour un festival débutant) à 54 pour un festival qui programme essentiellement des conteurs locaux et régionaux.

La moyenne s’établit autour d’une vingtaine, avec une pointe vers la trentaine pour deux des plus anciens (Côte-d’Or et Lot-et-Garonne).

Le constat est l’accroissement du nombre de spectacles en fonction de l’ancienneté du festival. Pas de remise en question ; au contraire renforcement.

4.3 - L’organisation matérielle

Les BDP sont très présentes et portent vraiment les festivals dont elles ont l’initiative, non seulement sur le plan programmation, mais aussi sur le plan technique et pour tout ce qui concerne les conseils et la "formation" à l’accueil de spectacles :

  • les 3/4 font une réunion d’information, visitent les salles de spectacles, mettent des projecteurs à disposition.
  • la moitié fournissent une fiche technique, un fond de scène, une estrade, la sonorisation.

Parmi les remarques :

  • organisation matérielle aussi légère que possible quand c’est du ressort de la BDP : projecteurs, fond de scène ; pas toujours de sonorisation.
  • embauche d’un régisseur extérieur dans certains cas : soit payé par la BDP ; soit à la charge des communes mais par un service du CG et avec des tarifs spéciaux ; soit par une association ;
  • embauche d’une société spécialisée pour la technique, (sono et lumière) sur certaines soirées lourdes ou sur les salles "difficiles".

4.4 - Comment se fait le partage des tâches entre la BDP et les BM ?

BDP Commune
  • programmation artistique : choix.
  • administration : financement, contrats, conventions, calendrier, déclaration SACEM.
  • logistique : visite des salles, réservations (hôtels, restaurants), feuilles de route, transport des conteurs, interface conteurs et lieux,
  • communication : fournit affiches, dépliants, invitations ; informations à la presse : conférence de presse, dossiers de presse
  • régie : fournit projecteurs, fond de scène ; organise la régie sono et lumière (chauffeur-régisseur ou régie externe).
  • parfois participation financière : 1/3 du coût du spectacle (pour un département).
  • communication locale : invitations, contacts presse, pose des affiches,...
  • animations liées à la manifestation (réalisation de bibliographies, accueil des spectateurs).
  • logistique : aménagement de la salle (estrade, décor, loge) ; repas du conteur et des accompagnateurs.
  • accueil du conteur
  • convivialité : verre de l’amitié

5 - LA FORMATION

5.1 - Proposez-vous régulièrement des formations à l’art de conter ?

Presque toutes les BDP organisatrices de festivals proposent des formations à l’art de conter (16 sur 19). A noter que des BDP qui n’ont pas de festival organisent des formations et ont le souci de soutenir le travail de conteurs locaux.

  • C’est un des thèmes les plus demandés
  • avec des niveaux : initiation, perfectionnement.
  • avec des thèmes variés : raconter avec le livre, lecture à voix haute, initiation au conte, stage sur la voix, sur le répertoire. Stage ouvert au réseau et aux demandes extérieures.

5.2 - Avez-vous développé un réseau de conteurs, suite à des formations ?

Seulement 1/3 a développé un réseau de conteurs. On peut constater que là où existe un festival bien implanté et une politique de formation, une dynamique se crée à la suite des stages.
Les festivals développent chez les publics la sensibilité au conte qui entraîne une demande d’intervenants réguliers ou de façon exceptionnelle.
Il y a des conteurs/conteuses dans les bibliothèques. Selon les cas et la forme impulsée : des interventions d’un groupe de conteurs qui se réunit assez régulièrement à la BDP, se produit dans les bibliothèques du réseau ; la mise en place d’heures du conte régulières dans certaines BM ; des personnes susceptibles d’intervenir de façon professionnelle ; la création d’une association de " lectrices-conteuses ".

5.3 - Avez-vous un fonds spécifique important sur le conte ?

14 réponses positives. La notion d’ " important " est subjective ; et les réponses tellement diverses, entre les notices, les volumes, les livres adultes et jeunes, les ouvrages de référence sur le conte... Les réponses indiquent souvent des chiffres assez conséquents : 500 volumes sur le conte ; 6000 à 7000 volumes de contes, plutôt pour la jeunesse ; parfois le conte est intégré dans le fonds de fiction sans identification possible.
Une collègue précise avoir créé un fonds professionnel sur le conte pour les formations, les professionnels et bénévoles des BM ainsi que les conteurs dans lequel nous avons intégré tous les supports livres, revues, C.D. audio et K7 audio ainsi que vidéo. Nous avons aussi bien entendu un fonds d’ouvrages d’études sur le conte et de textes littéraires qui circule dans le réseau des BM du département. "

6 - LE BUDGET

Connaître le montant des dépenses des départements pour l’organisation des festivals s’est révélé tâche impossible.

Une raison majeure à cela : les modes d’organisation font intervenir des partenaires divers et la plupart des BDP n’ont pas une vision globale de la situation des dépenses.

Les réponses qui m’ont été fournies font très rarement la distinction entre les différents postes de dépenses : - honoraires des conteurs, Sacd ou sacem, défraiements, technique (sonorisation et éclairages), communication.

Certaines dépenses sont prises en charge directement par le service culturel du département, d’autres par l’association des amis (mais qui est subventionnée par les communes !), d’autres enfin directement par les communes, avec parfois une participation du public. Sans compter bien sûr toutes les manifestations en partenariat où la BDP joue un rôle d’impulsion, de conseil, etc. mais sans intervention financière directe.

Les chiffres relevés vont donc :

  • en 2001 de 9 000 € à 53 750 € (pour une BDP que je connais bien et où tout est compris ! le L&G - 5 départements se situaient au dessus de 25 000 €.) ;
  • en 2002 de 7 000 € à 49 000 €.

Seule conclusion à en tirer : pour quelques départements, c’est une manifestation très importante ! pour d’autres moins !

Quant aux financeurs, ni sponsors, ni mécènes ne sont signalés !

7 - LA MOTIVATION

Quelle est votre motivation pour organiser un "Festival de contes" ?

7.1 - Sur le plan professionnel ?

  • Offrir des petits spectacles de qualité à notre réseau.
  • Sortir de l’animation contes " Misérabiliste " de beaucoup de nos dépôts.
  • Dynamiser le réseau de petites bibliothèques.
  • Faire découvrir (ou redécouvrir) l’univers du conte aux adultes.
  • Animer les bibliothèques (BM/BR) du réseau BDP sans tout faire à leur place.
  • Participer à la politique culturelle du département.
  • Faire apparaître la BDP sous un angle nouveau.

Parmi toutes les réponses, les trois suivantes résument bien l’état d’esprit général.

" Grâce aux rencontres proposées entre conteurs et spectateurs, favoriser l’accès du public à des univers culturels différents dans un esprit d’ouverture aux autres, lui permettre de faire le lien entre les traditions locales et les coutumes d’autres régions ou d’autres pays, ouvrir la réflexion sur les coutumes diverses et la richesse des différences humaines, proposer de retrouver l’ambiance des soirées dans les ouvrages et les disques prêtés aux BM à l’occasion des soirées contées. ". BDP Manche

" Au départ, l’objectif était de bâtir un projet commun aux 3 BDP de la région. Le conte, nous avait semblé bien adapté aux besoins et aux moyens de nos BM rurales. Création de liens aussi BP - BM. Ouverture du milieu rural profond, pour certaines personnes, c’est le seul spectacle culturel de l’année ". BDP Corrèze-Haute-Vienne-Creuse :

" Le Conseil général souhaite que chaque BM devienne un relais culturel. Le conte est apparu comme la possible rencontre conviviale entre l’art de l’écrit et l’art de la parole. A noter que dans le même temps, la musique, l’image, le théâtre et la danse ont été pris en considération dans l’autres manifestations impliquant nos relais. " Territoire de Belfort

7.2 - Sur le plan personnel ?

Très nombreux témoignages de satisfaction :

  • plaisir !
  • de belles rencontres humaines
  • des rencontres très enrichissantes avec les conteurs et les formateurs
  • beaucoup d’engagement personnel, de fatigue (en temps, en information, en déplacements), mais énorme satisfaction de l’osmose qui se produit entre conteurs, spectateurs et organisateurs.
  • découverte de gens à la personnalité très riche et d’un univers de grande solidarité et convivialité.
  • approfondissement continuel des répertoires qui permet d’avoir des échanges privilégiés avec des créateurs et d’acquérir une philosophie de vie en tirant enseignement de toutes les histoires entendues.
  • moments conviviaux avec les équipes des BM où l’on peut échanger librement et où l’on peut voir les structures sous un angle différent du travail habituel.
  • plaisir aussi de voir au fil des ans, la création et la fidélisation d’un public.

8 - REMARQUES GÉNÉRALES

Quelles remarques vous inspirent votre expérience de programmation de spectacles de contes ?

Demande beaucoup de motivation, de disponibilité, d’implication avec les conteurs et avec le réseau.

8.1 - Par rapport à la Bibliothèque départementale ?

Réponses très diverses, avec du positif et du moins positif.

  • difficulté à mobiliser pour le moment beaucoup de collègues sur cette affaire. Réel manque de compétence interne chez beaucoup pour dialoguer avec des artistes.
  • difficultés à insérer une opération ponctuelle dans le travail quotidien. Parfois, difficulté à faire comprendre à certains collègues l’intérêt d’une telle opération !
  • lourd à gérer, et les bibliothécaires refusent de s’y engager (pas de temps).
    - 

Mais aussi :

  • une des actions fortes de la BDP.
  • Reconnaissance du service par les élus.
  • Important pour l’image de la BDBR. Constitue une ouverture vers l’extérieur (public) et une connaissance des missions de la BDBR.
  • Ce type d’animation permet de souder l’équipe de la BDT autour d’événements forts.
  • Reconnaissance répandue dans tout le département de l’action de la BDP pour la diffusion du conte. occasion pour les différents personnels de la BDP de travailler en commun
  • l’action " Conte " a fait des " petits " : plusieurs BM ont créé ou recréé l’heure du conte. Plusieurs conteurs ont trouvé des " débouchés ".

8.2 - Par rapport au réseau ?

Que du positif ! :

  • réelle satisfaction et surprise de nos dépositaires à découvrir la richesse du monde des conteurs.
  • Une moitié des BM participant au festival ont une " activité conte " en dehors du festival.
  • Transformation des rapports traditionnels BDP/réseau, encore centré sur la desserte.
  • Il fallait prouver aux maire que leurs subventions étaient utilisées à bon escient : je crois que c’est chose faite.
  • Le festival de contes est l’animation la plus demandée par le réseau et celle qui fonctionne le mieux.
  • Il y a toujours un très grand succès auprès du public dans les plus petites communes ; la soirée est vécue comme un événement culturel et social, favorisant les rencontres entre personnes de plusieurs milieux.

8.3 - Pour vous-même ?

Beaucoup de positif :

  • Moments de surcharge de travail mais " respiration " bien agréable.
  • Enorme enrichissement personnel par le contact avec ces différentes personnalités, conteurs, responsables de bibliothèques, mais surtout énorme satisfaction de pouvoir travailler avec les autres BDP et ALCOL au niveau régional.
  • Travail passionnant et enrichissant. Prise en compte des goût personnels dans un travail valorisant pour la BDP. Capacité d’organisation utilisées pour un projet intéressant.
  • Je reste subjugué par la force de la parole.
  • Possibilité et chance de rencontrer des personnalités toutes différentes, de voir évoluer leur répertoire au fil des années et de pouvoir apprécier leur réflexion par rapport à la création, à l’imaginaire, à l’oralité.

Et un collègue conclut : "Vive le conte"

Anthologie de textes d’introduction des plaquettes

Pour compléter le dépouillement de l’enquête, un travail intéressant et important aurait pu se faire sur les thèmes abordés dans les introductions et sur les signataires de ces introductions.

Le matériau disponible pour cela était insuffisant et manquait de cohérence. Il aurait fallu disposer des programmes de toutes les BDP et de toutes leurs années. Ce n’était pas le cas.

Par jeu, et tout en connaissant les limites de l’exercice, un dépouillement a néanmoins été fait sur une cinquantaine de programmes des deux dernières années (et 12 ans pour la BDP de Lot-et-Garonne dont les programmes étaient facilement accessibles !). Il en ressort un certain nombre de renseignements intéressants quant à l’image que les organisateurs souhaitent donner de leur manifestation.

A noter que tous les programmes n’ont pas d’introductions. Quand il y en a les signataires sont assez divers : président du CG, président d’association d’amis, élu à la culture, directeur de la BDP ; parfois il n’y a pas de signataire.

5 thèmes apparaissent, à des degrés divers, dans les introductions des plaquettes.

1 - L’AMBIANCE, LES CONTEURS, LE PROGRAMME
2 - L’ORGANISATION ET LA REALISATION
3 - LE CONTE
4 - LA PHILOSOPHIE DU PROJET
5 - LA POLITIQUE CULTURELLE

Ils sont très diversement représentés, en quantité. C’est surtout les thèmes 1 et 2 qui prédominent. Les thèmes 3, mais surtout 4 et 5 sont rarissimes. Mais ce sont ceux qui prêtent le plus au lyrisme et aux grandes envolées philosophiques ou humanistes !
La surreprésentation des textes du Lot-et-Garonne fausse très certainement les résultats.

AVERTISSEMENT
On trouve parfois un avertissement, pour indiquer à quel public s’adresse le conte : " On a coutume de croire que les contes sont des "histoires pour les enfants". On oublie que de tout temps, les "contes populaires", les légendes et les mythes s’adressaient aux adultes. "

Le public est informé que les spectacles sont accessibles à tous, (avec parfois une indication - aux enfants de plus de 10 ans), et que ce sera un temps de rencontres familiales, pour faire rêver grands et petits

1 - L’AMBIANCE, LES CONTEURS, LE PROGRAMME

On trouve très souvent des notations sur les sentiments que provoque/provoquera l’écoute des contes et sur l’ambiance qui sera vécue lors de la soirée.

Il n’y a pas assez de qualificatifs et d’adjectifs pour exprimer ce qui va se passer dans le domaine des émotions !

  • " Rire émotion et frisson seront comme de coutume au rendez-vous. "
  • " une source de découvertes, de rencontres intergénérationnelles, de rêve, d’évasion "
  • " certains sont conquis...d’autres vont se laisser subjuguer par ce festin de mots "
  • " ce plaisir que l’on a gardé de l’enfance " se faire raconter des histoires" "
  • " des récits où se mêlent tout à la fois l’émotion, l’humour ou l’envoûtement "
  • " enchantement...féerie, ...évasion "
  • " l’univers magique, fantastique et poétique du Festival de contes "
  • " petits et grands vous serez charmés par cette représentation théâtrale à la fois ouverte et intime, comme si la narration ne touchait qu’un seul cœur, alors qu’elle en enflamme des dizaines à la fois. "

Le premier mot au " hit-parade " des introductions est " MAGIE " !

  • " MAGIE des mots et des belles histoires "
  • " merveilleuses soirées illuminées par la MAGIE du festival..."
  • " la MAGIE du conte envahit les lieux ...
  • " aucunes paroles ne sont plus magiques que celles-ci " Il était une fois " " Raconte-moi une histoire " "
  • " promesse d’instants magiques. "

Les images et les compliments ne manquent pas pour présenter les conteurs :

  • " héritiers des troubadours" "gardiens de la tradition orale"
  • "compagnons de la parole"
  • "messagers du conte"
  • "colporteurs de rêve,"
  • " magiciens du rêve""
  • veilleurs de la mémoire collective,
  • "hommes et femmes de talent"
  • "inlassables troubadours de nos enchantements"
  • "vous ne résisterez pas à leur faconde envoûtante, à leur langage truculent et à la musicalité de leur élocution"
  • "seule ambition servir le conte avec ses meilleurs acteurs, les conteurs de notre temps"
  • "bien vivants, bien contemporains, et porteurs de récits venus du fonds des temps."
  • "les conteurs, artistes de talent, qui conjuguent création personnelle et enracinement dans des traditions."

Enfin, en ce qui concerne la présentation du programme, c’est la notion d’ouverture et d’horizons variés qui prévaut.

  • " ces moments privilégiés de rencontres avec les diseurs d’histoires venant d’horizons divers "
  • "des narrateurs venus de contrées éloignées...... mais également des artistes issus de notre terroir."
  • " conteurs venus de tous horizons."
  • "où défilent et se répondent les mythologies du Nord et du Sud, où s’entrecroisent cosmogonies celtiques, palabres africaines, légendes de Chine et proverbes des Grandes Antilles."
  • "à un grand voyage dans le temps et l’espace, car le conte, universel et intemporel, n’a aucune frontière."

On l’annonce avec ses composantes annexes :
Randonnette pour les petits... ou virée nocturne à la découverte de lieux phares et néanmoins symboliques du village, balades accompagnées par la musique des mots de conteuses et conteurs qui n’ont pas peur du noir ! Le voyage se poursuivra le mardi..., grande soirée du conte amateur..., soirée de clôture, ... des balades contées... et d’investir les châteaux et propriétés départementaux.

et stage..... - "Comme le conte n’est vivant qu’à la condition de se transmettre, trois actions de formation sont proposées."

On souligne souvent la continuité et l’innovation !

Quant à ce qu’apportent ces soirées où l’on écoute des contes !

  • " une aventure dont on ne ressort pas pareil "
  • " elles rapprochent petits et grands, français et étrangers, paysans et citadins, dans l’amitié, le rire, l’émotion "
  • " soir après soir, année après année, les spectateurs se retrouvent, complices dans l’émerveillement, l’émotion, le rire ".
  • " rêver, s’émerveiller, avoir peur, rire, se laisser séduire et émouvoir...pour faire halte ".

2 - L’ORGANISATION ET LA RÉALISATION

Bien souvent, l’introduction dit très simplement ce qui va se passer et qui organise ! C’est une présentation technique. Il y aura des soirées, des contes et des conteurs.

On trouve assez fréquemment une note d’autosatisfaction, qui en fait a pour but de convaincre ceux qui sont restés indifférents jusque-là de l’importance et de l’intérêt de la manifestation, puisque elle attire un nombreux public !
" Vous êtes dorénavant plus de 200 à répondre à nos invitations ",
" vous étiez plus de 2 500 spectateurs ",
" depuis la création du festival, ce n’est pas moins de 30 000 spectateurs qui les ont suivies ",
et un coup de chapeau a ce public :
"un public toujours plus nombreux d’année en année, fidèle, enthousiaste ".

- " une manifestation de qualité. "
- " un festival qui connaît un succès croissant. "

Il y a l’exercice obligé de citer le rôle du CG, de la BDP, des partenaires. Cette présentation permet aussi de dire le rôle de la Bibliothèque départementale par rapport aux BM de son réseau.

Dans la plupart des présentations, le texte de présentation insiste sur le fait que c’est une action commune aux BM et à la BDP.
" ... La Bibliothèque Départementale et ses relais naturels, les bibliothèques municipales "

- "Echange et enrichissement sont les maîtres mots d’une manifestation qui rencontre toujours plus de succès, grâce à l’aide précieuse des communes qui les accueillent."

Les termes de partenaire, complice, reviennent souvent. Ils sont listés : bibliothécaires et conteuses bénévoles,...

Le côté " monde rural " apparaît aussi : " un réseau très dynamique de petites bibliothèques en milieu rural".

Et il est parfois ajouté que c’est un temps fort d’une action menée au long de l’année autour du conte, que la BDP mène des actions plurielles, organise des stages,...

"Merci aux équipes des bibliothèques rurales de notre département qui se mobilisent pour accueillir avec chaleur et enthousiasme ces diseurs d’histoires et offrir à leur public une soirée d’exception, qui ne manque jamais de se prolonger par le verre de l’amitié et l’échange d’impressions et d’émotions avec le conteur."

On souligne la présence sur l’ensemble du département : - "les plus petits villages, éloignés des grands centres urbains." - "Tout le territoire départemental en a largement bénéficié, du nord au sud, et de l’est à l’ouest du département, tant dans l’espace rural qu’urbain."

3 - LE CONTE

C’est quoi le conte ?

  • "Le conte est, à la fois, nos racines et nos ailes. Nos racines bien sûr qui plongent loin dans la mémoire collective, des racines qui nous nourrissent, qui nous permettent de mieux savoir qui nous sommes, et par là même de mieux comprendre les autres. Le conte est aussi nos ailes car il nous ouvre à l’universel, il est une forme d’expression commune à l’ensemble des cultures. Par sa capacité de suggestion et sa valeur symbolique, le récit conté a la force d’un acte. Bien avant l’ère des réseaux électroniques, il a su, grâce à l’imaginaire, rassembler les hommes par delà leurs différences et signifier la permanence de la parole à travers la diversité des histoires. Sa double composante de mémoire et d’universalité font du conte un mode d’expression culturelle parfaitement moderne, une parole adaptée à la dimension quasi mythologique d’un changement de millénaire."
  • "Et d’abord c’est quoi le conte ?

Est-ce que c’est un conteur sur une chaise qui raconte des histoires que lui racontait sa grand-mère qui lui racontait des histoires que lui racontaient sa grand-mère qui rac... ?
Est-ce que c’est un, ou deux, ou douze conteurs qui évoluent sur scène, qui chantent et dansent et jouent leurs histoires sous les projecteurs ? Est-ce que c’est en musique, ou avec des objets, ou quand ça fait rire et pleurer, peur et rêver ?
Est-ce que ça parle de pays lointains il y a très longtemps, d’ici pas plus tard qu’aujourd’hui, ou de nulle part pas plus tôt que demain ?
Est-ce que c’est pour les enfants ou les adultes, pour les bibliothèques ou les cafés, pour les théâtres ou les prisons ?
Et bien le conte, c’est un peu tout ça à la fois, voilà.
C’est d’abord des histoires, beaucoup d’histoires, des histoires de par le monde, des histoires de dire le monde, en particulier et dans son ensemble, en réalité ou pour de faux.
Enfin et surtout, le conte, c’est vous, c’est ce que vous en faites, ce que gardez en vous d’une histoire, comment après vous la raconterez, à votre tour et à votre façon ; elle passera alors d’oreille en oreille, elle évoluera malgré elle et bientôt, par mégarde, elle se transformera déjà en une autre histoire. "

Pourquoi le conte ?

  • "Il n’y a pas plus simple et plus nécessaire à partager que des contes : rien de plus agréable à recevoir, rien de plus désirable à donner. Ils s’adressent à chacun d’entre nous : à l’enfant qui a besoin d’apprendre à lire et à parler, à l’adolescent qui cherche ses marques, aux parents, aux grands parents qui voient là un moyen de transmettre leurs valeurs, à ceux qui réfléchissent tout autant qu’à ceux qui ont besoin de se distraire. En un mot, les contes sont là pour nous rassembler."
  • "Ouvrez vos oreilles, donnez-lui votre cœur. Il vous nourrira de ceux qu’il a nourris depuis la nuit des temps."
  • "...ces paroles de conteurs. Faites de mots simples et forts elles nous parlent d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui, de demain peut-être et toujours nous disent quelque chose de l’homme et de la vie".
  • " le conte propose à chacun une approche des grands mystères de l’humanité : la vie, l’amour, la mort."
  • "Dans cette société saturée de bruits, d’images et de paroles, ils nous réapprennent l’art de prendre le temps d’écouter et d’entendre, au-delà des mots, notre mémoire collective."
  • "La sagesse des peuples, leur humour, leur poésie sont fortement inscrits dans les contes et les grands récits de l’humanité. Chaque spectateur peut y reconnaître une part de son identité, par delà les différences culturelles."
  • "cette part importante de notre patrimoine que représente le conte."
  • "Les conteurs ont narré ce qui peut rapprocher les hommes, au delà des frontières, des mœurs, de la couleur de la peau. Le chemin est partout le même : vie, mort, épreuves, amour, renaissance..."

Il y a de très très rares notations sur l’opposition médias-audiovisuel sophistiqués-simplicité de la parole.

  • "A la veille de l’an 2000, alors que la communication emprunte aux technologies les plus sophistiquées pour transmettre en quelques secondes textes, images et sons d’un continent à l’autre, le média le plus simple et le plus naturel, la parole, a conservé toute sa force et toute sa MAGIE."
  • "Le temps d’une soirée, abandonnez l’agitation des villes, délivrez-vous de la dépendance audiovisuelle"

4 - LA PHILOSOPHIE DU PROJET

Echange et communication

  • "dire un conte, c’est faire un cadeau à autrui"
  • " écouter, découvrir et partager."
  • "échange et enrichissement sont les maîtres mots d’une manifestation"
  • "un temps où la parole retrouve le sens de la transmission et de l’échange."

Le conte ou l’ouverture à toutes les cultures, la tolérance

  • "Le conte n’est pas seulement un patrimoine culturel qui mérite d’être transmis. C’est aussi l’ouverture à toutes les cultures, la diversité et la richesse dans la différence, l’universalité. Cette immersion dans la mémoire collective des peuples du monde doit nous permettre d’aller de l’avant, de redécouvrir la parole comme source d’échanges et complément indispensable à notre culture écrite. C’est aussi une situation concrète de communication qui met en présence le narrateur et son public et dont la fonction traditionnelle est, à travers l’évocation du danger, du fantastique, du monstrueux, de l’anormal, du marginal, de réaffirmer la cohésion et le sens de la communauté. Un genre donc à méditer"
  • "... contribution, si modeste soit elle, à une meilleure connaissance de l’autre et par là même soit un élément de paix et de respect."
  • "Cette manifestation culturelle, organisée par la Bibliothèque départementale en lien avec les bibliothèques municipales, se veut porteuse de valeurs fortes. D’une part, elle met l’homme et son chemin de vie au centre de la scène. D’autre part, elle invite à voir ce qui peut rapprocher les hommes au-delà des frontières, des mœurs, de la couleur de peau."
  • "le Conseil général affirme une nouvelle fois son souci d’une culture humaniste faite d’accueil, de tolérance, d’ouverture."
  • "Elle révèle à chacun la proximité qui existe entre des peuples apparemment très différents. Elle montre l’autre dans sa richesse et sa diversité."
  • "Une manifestation comme celle-ci ne laisse pas indifférent. Ces contes sont des charmes qui transportent, ils sont aussi une invitation à la réflexion personnelle "
  • "Le Conseil Général affirme ainsi, par son soutien à une vie culturelle de qualité et de proximité, incarnée dans les diverses manifestations proposées par les bibliothèques, son souci d’une culture humaniste, faite d’épanouissement et de rencontre de l’autre."
  • "Enraciné et universel, il met face aux liens qui unissent et aux différences qui singularisent."

5 - LA POLITIQUE CULTURELLE,

L’introduction peut être l’occasion d’affirmer le rôle du Conseil général dans la vie culturelle, la place des bibliothèques et tout particulièrement de la BDP.
La BDP apparaît comme un outil majeur pour une offre culturelle de qualité et de proximité .

Vie culturelle et bibliothèques ; bibliothèques et aménagement du territoire

  • "Enjeu de la décentralisation culturelle, le développement de la lecture publique sur un territoire ne peut se limiter au " ravitaillement " des populations en information et documentation."
  • "Le Conseil Général confirme sa volonté de promouvoir une vie culturelle locale de qualité, dans laquelle les bibliothèques jouent un rôle irremplaçable."
  • "La Bibliothèque Départementale, qui s’affirme ainsi un acteur essentiel de la diffusion culturelle dans le département."
  • "Les bibliothèques lieux de vie, d’échanges et de rencontres voués à la lecture, à la musique, à l’image et aux nouvelles ressources documentaires "
  • "Un réseau qui apporte les outils d’un développement culturel durable au cœur des plus petites communes du département."
  • "Le rôle irremplaçable de centres culturels que jouent les bibliothèques dans les communes. Lieux d’ouverture au monde, outils majeurs de diffusion de la culture, elles contribuent au développement et à l’attraction d’une région et d’un terroir."
  • "Les bibliothèques du réseau de la Bibliothèque départementale affirment leur rôle d’acteurs du développement d’une vie culturelle faite de qualité et de convivialité, jusqu’au coeur des plus petits villages du département."

Et les bibliothèques ? et les livres ?

  • "De l’enfant conquis à l’adulte étonné, le conte va tous nous entraîner vers un imaginaire merveilleux dont les bibliothèques sont en permanence le chemin naturel."
  • "Quant au livre, l’enrichissement personnel, l’ouverture sur le monde, le sens du lien social qu’il peut offrir à chacun, réclament dès le plus jeune âge une médiation, un accompagnement de la démarche que l’alchimie du conte réalise pleinement. Au détour des mythologies grecques, chinoises, tibétaines, sibériennes.... qui peuvent nous étourdir l’âme, ce sont des cultures, des sentiments du monde qui nous approchent, nous accrochent et dont chacun aura envie de prolonger la rencontre seul avec un livre."
  • "La parole, aujourd’hui, véhicule des mots qui paraissent trop souvent éphémères et sans conséquence. Pourtant, des textes ont traversé les âges transmettant l’art de vivre, les valeurs et les idées des peuples qui les avaient élaborés de génération en génération. Il y a peu encore, donner sa parole était un acte qui engageait.
    Le conte n’est donc pas que rêverie et aventures extraordinaires, voyages dans le temps, dans notre monde ou dans l’imaginaire qui nous rappellent notre enfance. Même si ce seul aspect peut nous apporter un plaisir qu’il n’est pas question de bouder."
  • " Peut-être rappelleront-ils à ceux qui l’ont oublié que le livre est d’abord une voix qui raconte une histoire !"

 

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