Martine Blanchard, Présidente de l’ADBDP

Monsieur le Vice-Président du Conseil Général
Monsieur le Président du Conseil Supérieur des Bibliothèques
Monsieur le représentant du Directeur du Livre et de la Lecture
Mesdames, Messieurs les Inspecteurs Généraux,
Chers collègues,

C’est avec grand plaisir que nous vous accueillons si nombreux pour ces 13èmes Journées d’étude de L’ADBDP.

A l’ouverture de ces Journées, je tiens tout d’abord à adresser nos plus vifs remerciements à Monsieur le Président du Conseil Général du Gard, qui a bien voulu nous accueillir et permettre la tenue de ces journées dans son Département . Un grand merci également à Denise Pouget, et à l’équipe de la BDP du Gard, qui ont déployé beaucoup d’efforts et d’énergie pour prendre en charge l’organisation de ces rencontres.

Nous nous réjouissons que ces journées aient attiré un si grand nombre de collègues .

Cela tient sans aucun doute à la renommée du Gard et de la ville de Nîmes, mais aussi, nous avons du moins la faiblesse de le croire, au choix du thème retenu. : les politiques d’acquisition en bibliothèques départementales de prêt. Il nous semble, à ce propos, symbolique et opportun que ce thème soit développé dans cette région de France, assez proche, géographiquement, de villes qui, par les pressions et les interdictions imposées à leur bibliothèque, ont défrayé la chronique et soulevé questions et inquiétudes chez les professionnels quelque peu désarmés.

La constitution des collections est l’activité de base d’une bibliothèque. Cela parait une évidence et pourtant il semblerait, comme le soulignait le Conseil Supérieur des Bibliothèques dans son rapport, que " la bibliothéconomie oublie de plus en plus la notion de collections ", et que les acquisitions ne sont plus tout à fait ou pas assez au cœur de nos préoccupations.

Il est vrai que l’augmentation des moyens, le développement des réseaux de bibliothèques, la percée des nouvelles technologies, la diversification de nos missions ont conduit le responsable de bibliothèque, et en particulier de BDP, à être à la fois : gestionnaire, manager d’équipe, constructeur de bâtiments, négociateur, animateur culturel, planificateur et aménageur du territoire, agitateur d’idées et de projets, statisticien , internaute etc...

Et je citerais volontiers la réflexion d’un collègue, en retraite maintenant, qui se démarquant de ce qu’il considérait comme une dérive technico-administrative disait : " moi, j’achète des livres et je les prête, c’est mon métier ".

Il est temps, après avoir prouvé nos capacités d’adaptation aux mutations sociales et techniques, et d’innovation dans la mise en place de réseaux, de revenir au cœur du métier : les politiques d’acquisition, c’est à dire ce qui légitime notre profession.

Le groupe de préparation de ces journées, sous la responsabilité de Bruno Dartiguenave, directeur de la BDP de Maine-et-Loire, que je voudrais tout particulièrement remercier, a souhaité aborder ce thème sous trois angles d’approche : la constitution des collections et la responsabilité des professionnels, l’adaptation des collections aux publics, l’évaluation des collections et leur mise en valeur. Outre les interventions d’universitaires ou de professionnels sur ces différents thèmes, il nous a semblé également important d’étayer notre réflexion sur nos pratiques actuelles en BDP, analysées dans un questionnaire détaillé, dont les résultats témoignent de nos diversités.

Dans un premier temps, nous nous efforcerons de répondre à ces questions : Comment sont constituées les collections ? Par qui ? Quels critères de sélection sont appliqués ? Par qui sont-ils déterminés et validés ? Y a-t-il une responsabilité scientifique des acquisitions ? Sur quoi fonder la légitimité des bibliothécaires à acheter les documents ? Quelle articulation avec le politique ? Comment définir et appliquer la notion de pluralisme des collections ?

Si ces questions ont toujours été sous-jacentes à nos réflexions et nos pratiques, les problèmes de censure évoqués tout à l’heure ont mis en lumière l’absence de réponses explicites et claires, fondées sur une assise méthodique, reconnue, validée et expliquée.

Il allait de soi qu’un professionnel des bibliothèques soit à la tête d’une bibliothèque et que son rôle soit, entre autres, d’acquérir des livres et d’autres documents pour desservir ses divers publics. La réalité nous oblige à le préciser et à le justifier.

Nous nous intéresserons également à l’adéquation des collections aux divers publics. En effet, l’apparition de nouveaux supports, et la diversification des publics à desservir nous conduit à une étude des besoins et à un réajustement des collections par rapport à de nouvelles attentes. Quelle place est faite aux demandes des lecteurs dans nos acquisitions ?

Quelle conception de la culture sous-tend nos choix ? Qu’en est-il chez nos collègues anglo-saxons ? Comment justifier nos choix, et nos refus ? Où s’établit la limite dans des domaines délicats, tels que la violence, l’érotisme, l’ésotérisme les livres politiques etc... ?

L’évolution des populations desservies par les BDP, et des missions des BDP au cours de leur histoire induisent des changements dans les collections. Les politiques culturelles des départements, et la mise en place de réseaux départementaux de bibliothèques conduisent à repenser les politiques documentaires, en complémentarité des bibliothèques locales. La diversité des réseaux et la spécificité des fonctionnements se traduisent-elles par une diversité des collections dans les différentes BDP ?

Enfin, pour garantir la liberté intellectuelle et la responsabilité scientifique du professionnel dans le choix des documents, n’y a-t-il pas nécessité d’évaluer ses collections , en s’appuyant sur des outils formalisés , pour définir une politique documentaire cohérente et réfléchie ?

Autant de questions qui seront abordées au cours de ces 3 jours, où interventions théoriques, compte-rendus d’expériences et débats alterneront. Nous n’apporterons sans doute pas de réponses à toutes ces questions, ni ne donnerons de recettes infaillibles Souhaitons seulement que ces rencontres soient un enrichissement pour chacun et qu’elles ouvrent des pistes d’un travail fructueux, pour que les bibliothèques restent un espace de découverte et de liberté, au service des citoyens.

Emploi

Retrouvez nous sur Facebook

Pour ne manquer aucune actualité de l'ABD, rejoignez-nous sur Facebook

 

Liste de diffusion ABD

Entrez dans la communauté d'échanges des BD.

Lire la suite