Bernard Plouzennec , Directeur de la Bibliothèque des Côtes d’Armor

1. Le contexte

La Bibliothèque des Côtes d’Armor a recruté en 1998 et 1999 deux médiateurs du livre dans le cadre de la politique de création de postes d’emploi-jeunes. C’était pour nous l’opportunité de mieux répondre à une demande que nous avions créée. La BCA mène, en effet, depuis longtemps, une forte activité de création et de diffusion d’expositions.

Nous avons, dès le départ, choisi, à la différence de nos autres activités, d’en faire un service payant pour éviter que les bibliothèques-relais alignent expositions après expositions, sans se soucier de leur exploitation et de leur mise en valeur.

Dans la mesure du possible et dans la mesure du degré de motivation des emprunteurs, nous fournissions à ces derniers des pistes pour l’animation de ces expositions.

Nous avions aussi commencé à intégrer dans notre programme de formation des stages liés à l’animation.

Le support financier de ces activités était "l’Association des Amis de la BCA", qui, outre une subvention du Conseil Général, pouvait bénéficier d’aides d’autres organismes (DRAC, DDJS, Institut Culturel de Bretagne, etc.). Les recettes étaient, bien entendu, réinvesties dans l’organisation de stages, la création d’expositions, par l’association seule ou en partenariat.

2. Le cadre de ces activités

Le recrutement d’un premier médiateur du livre (niveau BEATEP [1]) visait un objectif bien précis : renforcer et développer la politique que nous avions commencé à mettre en place, mais dont la montée en puissance échappait à nos disponibilités, voire à nos compétences.

L’arrivée d’un professionnel formé aux techniques d’animation (et qui continue à se former) à la conduite de projets, faisant preuve d’une forte motivation pour le livre et la lecture ne pouvait qu’aller dans le sens de nos projets.

De plus, à titre personnel, il me semble souhaitable qu’il y ait au sein de nos établissements, des personnes dont la formation et les pratiques soient différentes de celles des bibliothécaires.

3. Les activités

Objectif général : il s’agit d’améliorer les conditions d’accueil du public, de développer des actions qui leur donnent envie de venir à la bibliothèque, de motiver et former les responsables des bibliothèques-relais.

Moyens à mettre en œuvre

a) Conseil sur l’aménagement des espaces en fonction des activités à développer (on ne fait pas d’animation dans un placard à balai). Renvoi vers les bibliothécaires de la BCA pour les tâches techniques (désherbage, choix des collections, aménagement, etc.).

b) En présence des responsables des bibliothèques-relais (actions de formation) :

  • accueil d’enfants et mise en œuvre de différentes activités
  • Lorsqu’il y a prestation directe de l’animatrice, cela se fait toujours dans un souci de démonstration et de formation des responsables des bibliothèques-relais, d’abord en leur présence, puis avec leur participation.
  • S’il n’y a pas chez les responsables des bibliothèques-relais la volonté de prendre à leur compte, par la suite, ces types d’animation, l’animatrice ne donne pas suite.

c) Organisation de temps forts autour d’une exposition

  • En amont :
    • aide à la définition et au montage du projet
    • recherche des financements,
    • partenariat avec les autres acteurs locaux (association, écoles, commerçants, etc.),
    • sélection des documents autour du thème de l’exposition,
    • repérage des lieux d’implantation de l’exposition,
    • réunion de concertation avec les responsables de bibliothèques-relais d’un même secteur.
  • En aval :
    • bilan,
    • suite à donner.

4. Relations internes à la BCA

Lorsque le Conseil Général nous a demandé de recruter des emplois-jeunes, il y a eu débat interne au sein de la BCA.

Ce débat a d’abord traité de la définition des postes. L’unanimité s’est faite pour que ces postes ne suppléent pas aux manques d’effectifs statutaires.

Les postes une fois définis et acceptés, inquiétude a fait son chemin chez les bibliothécaires d’être dépossédés d’activités qui leur semblaient leur revenir, mais qu’en réalité, ils/elles n’avaient pas le temps de faire.

Pour que la greffe se fasse, il faut que les projets d’animation soient des projets communs et que l’ensemble du personnel y soit associé, chacun suivant ses compétences.

Le choix des documents (livres, CD, vidéocassettes, cédéroms) est fait par les bibliothécaires qui établissent des bibliographies, participent aux rencontres (présentation de collection, de choix de livres, etc..)

Les agents du patrimoine participent à la réalisation des décors, au conditionnement des expositions, apportent des améliorations techniques. On a même fait des ateliers de couture pour la réalisation de costumes de pirates).

Réciproquement, les animateurs font remonter les informations sur les bibliothèques-relais aux bibliothécaires de la BCA, et participent à l’enrichissement des collections

Il faut aussi que le budget consacré à l’animation soit clairement identifié et n’empiète pas sur les ressources consacrées au fonctionnement du service ou aux acquisitions, d’autant plus que la suppression de l’Association des Amis de la BCA a entraîné la prise en charge de ces dépenses sur le budget de la BCA

5. Conclusion

Il y a complémentarité entre le travail des bibliothécaires et celui des animateurs. Ceux-ci ne peuvent intervenir dans de bonnes conditions que s’il y a localement des structures et des équipes capables de les accueillir.

Les difficultés et les échecs qu’ils peuvent rencontrer mettent en évidence les carences du réseau et peuvent donner des arguments à la BCA pour convaincre les élus des améliorations à y apporter.

Notes

[1] Note de l’éditeur : le BEATEP est le Brevet d’État d’animateur technicien de l’éducation populaire homologué au niveau IV (baccalauréat).

Emploi

Retrouvez nous sur Facebook

Pour ne manquer aucune actualité de l'ABD, rejoignez-nous sur Facebook

 

Liste de diffusion ABD

Entrez dans la communauté d'échanges des BD.

Lire la suite