Marie-Claude Julié Directrice de la Bibliothèque départementale de Lot-et-Garonne

En 1991, l’Assemblée départementale avait demandé une étude sur la lecture en Lot-et-Garonne.

Le cabinet missionné pour l’étude avait fait le constat suivant, à partir de l’analyse du fonctionnement de la bibliothèque départementale et de l’examen des services municipaux de lecture :

  • pour la bibliothèque départementale moyens humains et en matériel insuffisants ; fonds obsolète ; vocation d’animation du réseau insuffisamment développé,
  • pour la desserte du département : multiplicité de petits dépôts ; formation insuffisante de l’encadrement sur l’ensemble du réseau ; image vieillissante des bibliothèques ; absence de bibliothèques dans de nombreuses communes de plus de 10 000 habitants.

La bibliothèque départementale était dans la situation d’une bibliothèque départementale ancienne ayant superposé au fil des ans divers types de desserte sans enlever le superflu ou le moins efficace.

Cette étude confortait ma propre analyse de la situation au moment où je prenais la direction de cette bibliothèque. Elle avait l’avantage, venant d’un consultant, de donner un avis "objectif" et dépassionné m’offrant l’opportunité de faire des propositions fortes et exigeantes pour les élus.

Elle arrivait à un moment important de la vie culturelle départementale : l’aménagement du territoire s’affirmait comme un des axes prioritaires de la politique culturelle du conseil général. Un office départemental d’action culturelle était créé avec pour objectif de soutenir la diffusion culturelle de proximité et la création d’équipements culturels de proximité (cinémas, théâtres, espaces culturels).

La bibliothèque départementale trouvait de façon logique sa place pour le développement de la lecture publique dans cet esprit-là. Néanmoins le choix de mettre en œuvre un plan de développement explicite ne paraissait pas indispensable aux élus, en grande partie pour des raisons budgétaires. C’est donc par touches successives qu’il se mettra peu à peu en place.

Au long de ces dix années, une seule idée prévaudra : l’amélioration de la qualité du service rendu au public final, quitte à faire des choix rompant avec des années de pratique et venant bousculer des habitudes. Pragmatisme, opiniâtreté et opportunisme seront des qualités très utiles pour mener à bien ce travail !

1 - Prémices d’une politique de lecture publique (1991-1994)

1.1 - Objectif : créer des bibliothèques "aux normes"

Pour arriver à améliorer le service offert aux usagers (à deux niveaux : de la bibliothèque départementale aux bibliothécaires du réseau, des bibliothèques municipales aux publics) je pensais qu’une choses était essentielle :

  • créer des équipements attractifs pouvant être exemplaires,
  • donner une visibilité suffisante aux bibliothèques sur le terrain de la communication.

Je pensais pouvoir susciter, avec ces deux seules choses, un élan immense et une soif insatiable de construction de bibliothèques chez les élus. Et dans une vision idéaliste de la situation, j’imaginais un raz-de-marée de bibliothèques, plus attrayantes et efficaces les unes que les autres, jouant un rôle d’aimant vis-à-vis des publics et de leur territoire.

La structuration du réseau se ferait de facto.

Il s’agissait donc :

  • d’inciter à la création de bibliothèques aux normes et gérées par des salariés si possible professionnels,
  • de donner de la visibilité aux bibliothèque municipale comme acteur de la politique culturelle par un événement,
  • de former des équipes dynamiques et les aider à développer un véritable projet de bibliothèque.

1.2 - Moyens : une aide à la construction, à l’animation et à la formation

Trois types d’aide allaient être mis en œuvre pour créer ce mouvement espéré :

  • aide financière : les subventions (élus),
  • aide promotionnelle : animations (publics),
  • aide intellectuelle : les formations (équipes).

La plus importante étant l’aide financière : pour des raisons "psychologiques" et "d’argument de vente" auprès des élus.

L’aide matérielle à l’animation (soirées contées et valises thématiques, politique de formation décentralisée) n’était pas négligeable sur le plan de l’émulation.

1.2.1 - Régime d’aide à la construction ou à l’extension de bibliothèques (5 novembre 1992 - Délibération du conseil général).

Dans le rapport du président à l’assemblée, il était dit : L’accès au livre et à la lecture doit se faire au travers de structures à proximité du lecteur potentiel, adaptées à sa demande. Ces exigences sont particulièrement vraies en milieu rural et le Lot-et-Garonne pourrait, au travers de la mise en place d’une véritable incitation à la création de véritables services de lecture publique par les communes de moins de 10 000 habitants se doter d’un réseau efficace et moderne harmonieusement réparti.[...].

Les critères d’admission à une aide du Conseil général [...] pourraient se calquer sur les normes émises par le ministère de la Culture en matière de construction de bibliothèques [...] Ce régime véritablement incitatif, spécifique à la construction ou à l’extension de bibliothèques municipales permettrait de réactiver les dispositifs d’aide déjà existants au niveau de l’Etat mais sans portée réelle faute de projets adaptés et de motivation suffisante.".

1.2.2 - "Soirées contées en Lot-et-Garonne"

D’abord 23 spectacles (puis très vite une trentaine) réservés aux seules communes ayant des bibliothèques municipales.

1.2.3 - Plan de formation des personnels du réseau

38 journées /an en moyenne sur 92-93-94.

1.3 - Résultats : une "bonne image" pour les bibliothèques

1.3.1 - Création de bibliothèques

Sur ces 3 années seules deux bibliothèques "aux normes Etat" ont vu le jour : en 1994 (Mézin (200 m2 - 1 489 hab.), Pont-du-Casse (370 nbsp ;m2, 4 556 hab.) et deux sont en projet (Casseneuil, Duras).

Cette grande lenteur dans les créations de bibliothèques a pour conséquence un certain immobilisme de la carte de la desserte du territoire.

Il y a eu des fermetures de dépôts particuliers (écoles, maisons de retraite, clubs d’aînés,...) et une diminution du prêt direct avec pour corollaire une sensible augmentation du nombre de "Points-Lecture".

Les dépôts sont passés de 199 à 179, le prêt direct de 39 points de stationnement à 28, et/mais dans le même temps les dépôts tous-publics passaient de 88 à 100.

C’était un peu une histoire de vases communiquants, quasiment vers le seul niveau de service "Point-Lecture", et sans réelle amélioration de la qualité du service pour l’usager.

1.3.2 - Promotion des bibliothèques

La bibliothèque départementale gagne une image dynamique et les "Soirées contées" - avec une moyenne de 3 000 spectateurs par saison - font une excellente publicité aux bibliothèques municipales.

La politique de formation devient le point fort d’une stratégie de développement : elle suscite des envies, des demandes, des projets, des rêves. C’est un lieu où l’on peut parler de ce qui serait bien, de ce qui serait mieux ! Avec plus de 250 stagiaires en moyenne par an, une image de qualité, de nombreux articles dans la presse grâce à une implantation décentralisée des stages, elle arrive à avoir une visibilité à l’extérieur du seul réseau des bibliothèques.

Même si cette première phase a connu un nombre modeste de réalisations, elle présente un très grand intérêt :

  • de petites communes se dotent de bibliothèques exemplaires, et elles infirment l’idée que seules des communes riches et privilégiées peuvent avoir des bibliothèques,
  • on parle beaucoup de bibliothèques dans la presse (la directrice a même été nominée parmi les "femmes de l’année" par un quotidien local grâce aux "Soirées contées").

2 - La réorganisation de la desserte (1995-1996)

2.1 - Objectif : impliquer les communes, hiérarchiser les bibliothèques

Suite à cette première phase s’impose l’idée que la politique de lecture publique du département doit se marquer de façon plus nette et qu’il est temps, après dix ans de décentralisation, de poser les règles du jeu d’un partenariat réel pour la lecture publique dans le département entre les deux collectivités territoriales concernées : les communes et le conseil général. C’est la seule façon de faire bouger un édifice aux multiples strates.

Il s’agit aussi d’inviter les communes à une implication forte et réfléchie. Il s’agit enfin et en même temps de recentrer les services de la bibliothèque départementale sur les types de bibliothèques les plus efficaces.

Il en découle les objectifs suivants :

  • regrouper les moyens logistiques et supprimer les dépôts multiples, en particulier scolaires, pour les regrouper en un lieu unique de lecture publique dans chacune des communes concernées,
  • mettre en place des conventions de partenariat avec les communes pour l’organisation de "Points-Lecture, ou de Bibliothèques municipales "Points-d’appui" ou " Relais". La conséquence logique était la suppression du prêt-direct.

2.2 - Moyens mis en œuvre : des conventions, une aide au mobilier

2.2.1 - 1995 : Réorganisation de la desserte (délibération du conseil général du 29 juin 1995).

Dans le rapport du président à l’assemblée, il était dit : "une meilleure gestion des prestations offertes par la Bibliothèque départementale aux communes passe par une réorganisation et la définition d’une carte de la desserte et par la mise en place d’une politique de contractualisation avec le mairies pour encourager l’émergence de véritables lieux de lecture." Et il parle de "réorganisation" mais aussi de "restructuration".

2.2.2 - 1996 : Régime d’aide pour l’acquisition du mobilier (délibération du conseil général du 27 février 1996)

Ce régime vient combler une lacune : seules les petites bibliothèque municipale avaient droit à une aide par la classique mise à disposition de mobilier. Il vient en complément des aides du concours particulier Etat, comme l’aide à la construction.

2.3 - Résultats : des relations claires, un réseau resserré

Fin 1996, il ne subsiste plus qu’un seul point de desserte par commune et le bibliobus n’assure plus de desserte en prêt direct.

L’intérêt du conventionnement a été d’avoir impliqué les élus des communes en leur posant de façon claire la question de leur propre politique de lecture publique, et en les amenant à réfléchir, décider et délibérer sur ce point.

Cette phase de conventionnement a été facilité par l’image que s’était forgée la Bibliothèque départementale au cours des quatre années précédentes par : politique de formation et surtout d’animation avec les "Soirées contées" , et aussi un important travail de démarchage "au porte à porte" auprès de tous les maires concernés. Presque 100 rencontres sur site avec les élus (contre moins de 30 en 1994).

Une seule bibliothèque aux normes s’ouvre, en 1995 : Casseneuil (215nbsp ;m2, 2639 hab.).

Ça avance, mais c’est lent et les points-lecture pèsent encore lourdement sur le travail de desserte, alors qu’en terme de rapport qualité-dépense, c’est loin d’être efficace.

3 - De la réorganisation à la structuration : l’influence des aides (1997-2001)

3.1 - Objectif : structurer le réseau

La situation étant assainie (1 point de desserte par commune - 1 position claire dans une hiérarchie) une autre étape devenait possible.

Il était clair qu’il fallait passer d’une logique de relations bilatérales de la bibliothèques départementale à tous les points de son réseau, à une logique de territoires s’appuyant sur des bibliothèques à vocation structurante, se distinguant par la qualité de l’équipement et une gestion professionnelle ; cela en tenant compte de l’existant et ménageant les services de proximité.

Compte-tenu de la difficulté à s’appuyer sur des structures intercommunales, la solution à envisager devait être souple, adaptable, et ne brusquer personne. Comment faire ?

Une opportunité exceptionnelle s’est alors présentée avec la demande du président du Conseil général de revoir toute la politique culturelle du département. Des rencontres culturelles ont été organisées avec tous les "acteurs de la culture" : élus, fonctionnaires, artistes, membres d’associations,...

On a pu mettre en avant des sollicitations portant "tant sur les moyens que sur l’organisation du réseau de bibliothèques" et que "pour répondre à ces demandes avec efficacité et pour un coût maîtrisé, il paraît nécessaire de raisonner en terme d’aménagement du territoire".

Il s’agissait donc de :

  • permettre à chaque administré d’être le plus proche possible d’une bibliothèque d’une certaine envergure, lui proposant des produits culturels plus abondants et plus diversifiés, tout en ménageant un service de proximité,
  • favoriser des bibliothèques à vocation structurante en contrepartie des services qu’elles devraient rendre aux petites bibliothèques "Points lecture",

encourager l’intercommunalité et le professionnalisme.

3.2 - Moyens mis en œuvre : l’intercommunalité et des aides diversifiées

1997 - Évolution de la politique d’aide départementale (délibération du conseil général dun24 février 1997).

Sept régimes d’aide sont créés, se déclinant sur tous les moyens à mettre en œuvre pour soutenir la création et le fonctionnement d’une bibliothèque municipale :

  • construction
  • équipement mobilier
  • recrutement de personnel

"Il est apparu nécessaire de remédier au déséquilibre existant entre subventions d’investissement et subventions de fonctionnement. En effet les dépenses de fonctionnement sont importantes et les aides financières quasi-inexistantes. Or la présence de professionnels qualifiés est un élément majeur de la qualité des prestations proposées dans un service de lecture publique".

  • informatisation
  • amélioration des équipements
  • acquisition de documents
  • aide à l’équipement pour les mal-voyants et les non-voyants.

La notion de bibliothèque "à vocation intercommunale" est introduite. Une commune a une bibliothèque de ce type à la condition d’être "validée" par au minimum 3 autres communes.

Ces communes reçoivent des aides pour acquisitions de documents sans participation financière de la commune.

Les plafonds des subventions sont doublés.

1997 - Modifications des conventions liées aux nouveaux régimes d’aides aux bibliothèques de Lot-et-Garonne (délibération du conseil général du 15 mai 1997).
Toutes les conventions sont réécrites pour prendre en compte la notion de "vocation intercommunale".

1997 - Modification d’un critère de la convention relais dans le cas d’un groupement de communes (délibération du conseil général du 16 octobre 1997).

1997 - Création d’une convention de lecture publique "Desserte par médiathèque, point-d’appui ou relais" (délibération du conseil général du 15 décembre 1997).
Toutes les conventions sont réécrites pour prendre en compte la notion de "vocation intercommunale".

"A l’issue de plusieurs mois de travail et de rencontres, il apparaît qu’un certain nombre de maires manifestent un grand intérêt pour la démarche proposée et qu’ils souhaitent s’associer à une commune siège d’une bibliothèque "intercommunale". Cette démarche leur permet de faciliter l’accès à la lecture de leurs administrés, et tout particulièrement des enfants des écoles de leur commune. Cependant, ils ne désirent pas toujours, compte-tenu du faible potentiel de lecteurs, maintenir ou créer un point-lecture associé à la bibliothèque centre sur leur territoire."

1998 - Bilan de la politique culturelle 1997 et perspectives d’évolution (délibération du conseil général du 28 mai 1998).
Petits ajustements pour des précisions indispensables (acquisition de documents et non d’ouvrages ; augmentation de plafond pour les acquisitions des médiathèques ; précisions sur le HT pour le mobilier ; précisions pour le renouvellement des subventions,...).

1998 - Convention éducative : "Classes à la Bibliothèque" (délibération du conseil général du 23 octobre 1998). Pour encourager l’adhésion des élus et des enseignants dans les communes n’ayant plus que de la desserte scolaire, le transport des classes est pris en charge par le conseil général vers les bibliothèques centre pour les classes des communes associées.

3.3 - Résultats :

3.3.1 - Développement des bibliothèques "à vocation intercommunale"

La mise en place des nouveaux régimes de subvention a été l’élément déterminant du regroupement de communes.

Des visites personnelles ont été faites à tous les élus concernés pour leur présenter cette nouvelle organisation et surtout leur expliquer les aides (70 visites en 1997 et 100 en 1998). Les choix étaient libres, mais bien sûr l’adhésion à la formule intercommunale était la plus avantageuse.

Toutes les communes en position de le faire ont donc signé les nouvelles conventions. Elles ont permis de sortir d’une zone de flou et de valider le travail effectif de bibliothèques à fort rayonnement, celles en réalité gérées par des professionnels. Le fait de devenir "intercommunales" a changé pour la plupart d’entre elles le fonctionnement mais surtout la perception qu’avaient les élus de leur équipement. La notion de territoire est devenue claire et explicite.

Une bibliothèque municipale a même été transférée à la communauté de communes (communauté de communes du Monflanquinois, juin 1998).

Situation des bibliothèques municipales "à vocation intercommunale" (en 2001)

La Bibliothèque départementale s’appuie sur 22 bibliothèques structurantes, dont 13 sont gérées par des professionnels salariés de la filière culturelle.

Situation des bibliothèques des chefs-lieux de cantons (en 2001)

Sur 31 cantons ruraux, 15 - soit 48,4% - ont une bibliothèque "à vocation intercommunale" située au chef-lieu dont 10 sont gérées par des professionnels.

10 disposent d’un équipement de lecture publique de qualité, mais pas en situation, à l’heure actuelle, de jouer un rôle intercommunal.

Seuls 6 cantons ne disposent quasiment pas de service de lecture publique adapté.

Type de convention

 

Nombre

Pourcentage

Point-d’appui et médiathèque Centre

10

32,2%

48,4%

Relais Centre

5

16,2%

Relais

10

32,2%

51,6%

Point-Lecture

3

9,7%

Rien

3

9,7%

Total

 

31

100%

100%

Régime de subventions/ Bilan 1997-2000 par type de subvention

Types d’aides

1997 *

1998

1999

2000

TOTAL

Délibérations de la CP de l’année

Construction

0 F

836 373 F

600 000 F

0 F

1 436 373 F

 

Mobilier

35 798 F

125 869 F

306 326 F

151 194 F

619 187 F

SIGB (1)

9 518 F

85 000 F

139 400 F

200 000 F

433 918 F

Amélioration des équipements

8 758 F

33 718 F

110 407 F

49 608 F

202 491 F

Equipement mal et non voyants

0 F

0 F

0 F

0 F

0 F

Acquisitions de documents

54 725 F

105 689 F

165 737 F

289 643 F

615 794 F

Recrutement

158 243 F

214 467 F

278 288 F

119 244 F

770 242 F

Sous-total

267 042 F

1 401 116 F

1 600 158 F

809 689 F

4 078 005 F

Délibérations antérieures de la CP

Recrutement (2ème et 3ème années)

0 F

0 F

70 000 F

180 000 F

250 000 F

TOTAL

267 042 F

1 401 116 F

1 670 158 F

989 689 F

4 328 005 F

TOTAL Hors construction

267 042 F

564 743 F

1 070 158 F

989 689 F

2 891 632 F

En 1997, aucune convention n’a concerné des communes en intercommunalité. La première convention intercommunale depuis l’entrée en application du nouveau régime d’aides adopté en mai 1997 par le Conseil général est intervenue le 20 juillet 1998.

En ce qui concerne les points d’appui

Sur les 14 bibliothèques points d’appui ayant bénéficié d’une subvention entre 1997 et 2000, 13 ont opté dans cet intervalle pour l’intercommunalité. Pour cette période, la première convention intercommunale depuis l’entrée en application du nouveau régime d’aides adopté en mai 1997 par le Conseil général, est intervenue le 20 juillet 1998. L’influence de ce régime sur l’intercommunalité est donc évaluée à partir des subventions distribuées entre cette date et 2000.

L’on constate que sur 3 568 809 F de subventions distribuées (excluant donc l’année 1997), c’est un montant de 3 558 809 F - soit 99,7% - qui revient aux communes ayant signé une convention point d’appui à vocation intercommunale représentant ainsi près de 94% des aides pour la période étudiée (1997-2000). Il y a là un signe fort de l’incitation à l’intercommunalité.

En ce qui concerne les relais

L’analyse s’appuie sur les mêmes constats que pour les bibliothèques points-d’appui. Sur les 20 relais ayant bénéficié d’une subvention entre 1997 et 2000, 8 ont signé une convention de bibliothèque relais-centre. Pour cette période, la première convention intercommunale signée depuis l’entrée en application est intervenue le 18 septembre 1997. L’influence du régime est donc évaluée entre cette date et 2000.

L’on constate que sur 499 315 F de subventions distribuées, c’est un montant de 315 051 F- soit 63% - qui revient aux communes ayant signé une convention de bibliothèque relais à vocation intercommunale représentant ainsi plus de 60% des aides pour la période étudiée (1997-2000).

CONCLUSION

Les aides ont aidé à structurer le réseau

Il est évident que la structuration du réseau est due aux effets combinés :

  • des aides en nature et d’une aide financière pour les "Points-Lecture" associés des petites communes.
    L’offre de services étant modulée selon le type de convention signée (Point-Lecture ou Point-Lecture associé), les communes ont choisi la convention la plus efficace pour répondre aux besoins de leurs administrés et améliorer la qualité du service.
    Le partenariat était perçu comme le plus intéressant pour ce qu’il offrait en plus : des valises thématiques et expositions, une quantité d’ouvrages plus importante, des rotations plus fréquentes, la gratuité pour le transport avec "Classes à la bibliothèque".
    La politique d’animation a été un argument de poids, et surtout la possibilité d’accueillir les "Soirées contées".
  • des aides financières bonifiées pour les bibliothèques "à vocation intercommunale".
    Cet argument financier a été décisif auprès des élus. Le travail d’information a été payant et la sensibilisation des élus à une politique de lecture publique est importante et acquise. La réflexion autour de nouveaux projets est en cours.

A ce jour, les créations de bibliothèques aux normes continuent, permettant des points d’ancrage forts, sur des chefs-lieux de cantons ou des communes attractives dans leur secteur géographique. Elles sont toutes "à vocation intercommunale".

En 1997, ouverture de celle de Duras ( 300nbsp ;m2, 1 207 hab.). En 2000 de celles de Nérac (673nbsp ;m2, 7 451 hab.) et de Castelmoron-sur-Lot (390nbsp ;m2, 1 703 hab.). En 2001 ouvrira celle d’Aiguillon (466nbsp ;m2; 4 435 habitants).

Les aides ont développé le réseau

  • Pour le public :
    fixation des lecteurs sur les meilleures bibliothèques tout en maintenant un service de proximité. Amélioration de la qualité du service pour les scolaires.
    • Lecteurs en augmentation :
      • 25 415 en 1995
      • 27 099 en 1997
      • 31 639 en 2000
    • Documents prêtés en augmentation :
      • 424 210 en 1995
      • 490 120 en 1997
      • 534 446 en 2000
    • Surface en augmentation :
      • 5 443 nbsp ;m2 en 1995
      • 6 717 nbsp ;m2 en 1997
      • 8 940 nbsp ;m2 en 2000
    • Personnel de la filière culturelle en augmentation :
      • 12 en 1995
      • 18 en 1997
      • 22 en 2000
  • Pour les animateurs :
    mise en relation de bénévoles isolés avec des professionnels jouant bien leur rôle de conseillers.
  • Pour la Bibliothèque départementale :
    moins de tournées "pas rentables" ; allégement de la desserte permettant de développer de nouveaux services... Meilleure lisibilité du réseau ; approfondissement du dialogue avec les élus plus impliqués dans la politique de lecture publique de leur commune.

Les aides devraient être revues

Le dispositif d’aide à la lecture publique mis en œuvre en 1997 devrait être réactualisé en raison de l’évolution du réseau départemental et de certains facteurs externes.

Il convient notamment de renforcer le soutien :

  • à l’informatisation des bibliothèques et à l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) en revaloriser fortement le montant des aides,
  • à la professionnalisation des bibliothèques en aidant à plusieurs recrutement sur un même équipement,
  • à l’intercommunalité en créant des régimes spécifiques et fortement incitatifs pour les communautés de communes.

Une réflexion sur les relations entre bibliothèque départementale et les bibliothèques situées dans des communautés d’agglomération devrait être engagée d’urgence.

Une réflexion sur les bibliothèques des villes de plus de 10 000 habitants, sur les bibliothèques "à mettre à niveau" dans les grandes communes serait indispensable.

Les aides pourraient être plus profondément remaniées : Après 4 ans de pratique, il est clair que les montants, les pourcentages, la structure des régimes, les dénominations employées à l’origine supporteraient une remise à plat. Cependant il n’est pas évident qu’un bouleversement complet serait pertinent, car il nécessiterait un nouveau travail d’explication.

Pour conclure :

Dans l’ensemble, l’aide distribuée par le Conseil général en matière de lecture publique reste relativement modeste dans l’enveloppe d’aides affectées à la culture (soit moins de 6% en 2000).

Cependant, ce pourcentage ne traduit pas nécessairement une insuffisance des moyens financiers proposés aux collectivités dans la mesure où aucun dossier déposé par les communes n’a été ajourné ou refusé faute de financement disponible.

Il en va plutôt de la volonté politique des municipalités ou de la qualification des personnels. Il est clair que les régimes d’aide sont d’autant plus efficaces que les destinataires sont des professionnels ou des personnels formés. Car plus le personnel est compétent, plus il sait solliciter des aides.

Aussi un des axes essentiel du travail de la bibliothèque départementale se situe au niveau de la formation et du conseil.

 

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