Didier GUILBAUD, Président de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt

Madame le représentant du Directeur du Livre
M. l’Inspecteur général des bibliothèques
Madame le représentant du DRAC
MM. les Présidents d’associations amies,
Mesdames, Messieurs les membres de l’ADBDP,
Chers amis,

J’ai aujourd’hui le grand plaisir d’introduire ces journées d’études du Lot-et-Garonne de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt et je le fais d’autant plus volontiers que vous êtes nombreux à nous avoir rejoints dans ce département ce qui donne déjà, par le nombre, la mesure de l’événement.

Monsieur le Vice-Président du Conseil général de Lot-et-Garonne, représentant M. Jean François-Poncet, empêché aujourd’hui mais qui sera des nôtres après-demain, je vous prierai de m’excuser tout d’abord pour adresser ces premiers remerciements à Marie-Claude Julié et à son équipe qui, depuis de nombreuses semaines, travaille sur ces journées d’études et s’est mobilisée autour de sa directrice pour nous accueillir dans votre département.

Nous connaissons bien Marie-Claude Julié et nous n’avons pas manqué au travers de multiples discussions de noter la qualité de son travail. Nous savons ce que le Lot et Garonne doit à Marie Claude Julié et à son équipe. Je pense tout particulièrement au festival de conteurs qu’elle anime avec passion - nous sommes d’ailleurs en plein festival - car comme d’autres nous suivons avec beaucoup d’intérêt ces événements culturels initiés par les BDP que je considère comme des véritables " dynamiseurs " du milieu rural. De ce point de vue, il était donc particulièrement judicieux que nos journées d’études se passent dans ce département.

Merci dès à présent à Marie-Claude et à son équipe, et à vous Madame la représentante du Président Jean François-Poncet pour avoir accepté notre proposition de nous accueillir dans ce beau département dont nous avons pu déjà mesurer les charmes et... la cuisine.

Les hasards de la vie associative font aussi que nous sommes dans la région d’exercice de notre ami Gérard Briand, Président de l’Association des bibliothécaires français, et que par ailleurs nous accueillons pour la première fois Alain Caraco, en tant que Président de la toute jeune Association des directeurs des bibliothèques municipales et intercommunales des grandes villes de France. Alain ne nous est pas inconnu comme ancien directeur des BDP de Savoie. Merci à Mme Robert de l’Association des Conservateurs de Bibliothèque et aux représentants des autres associations professionnelles qui ont fait le déplacement à Agen ces jours-ci. Et je profite de ce micro pour inviter les associations, si elles le souhaitent, à prendre la parole dans le débat qui suivra dans un moment pour présenter leurs associations.

Je profite aussi de ce moment pour remercier traditionnellement les membres partants de notre association que la vie professionnelle a éloignés et plus particulièrement ceux qui ont donné de leur temps au CA. Mes remerciements vont bien entendu à Jean-Claude Carcano, qui a fait valoir ses droits à la retraite et a donc quitté avec regret la direction de la BDP de Côte d’Or. Merci à Jean-Claude pour le temps qu’il a consacré à l’association, depuis sa création, et en tant que président de celle-ci. Je proposerai demain que l’on crée la distinction de Président d’honneur de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt pour notre ami Jean-Claude.

Mes remerciements vont maintenant à Martine Blanchard. Vous me direz que c’est un remerciement habituel puisque je l’avais déjà remerciée l’an passé. Mais cette année, c’est en tant que représentante du Ministre de la Culture et Directeur du Livre que nous accueillons Martine Blanchard. Donc, à partir de maintenant je me verrai dans l’obligation, en public, de vouvoyer Madame Blanchard, eu égard à ses titres. J’avais dit à cette tribune l’an passé que Martine " saura garder le souvenir des chemins terreux de la lecture " aussi, j’espère que, familière aujourd’hui de la jungle ministérielle, la langue de bois n’aura pas déjà fait son œuvre lorsque nous dialoguerons, comme c’est la tradition, avec la représentante du Ministère.

Car depuis Metz, nos dernières journées d’études, l’Association des directeurs de bibliothèque départementale de prêt a beaucoup travaillé ! D’abord il y a eu la préparation de ces journées, puis le travail des groupes et enfin l’attention permanente face aux événements, qu’ils soient purement professionnels comme le droit de prêt ou la question des statuts, ou d’ordre politique et moral lorsque l’association s’est positionnée entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Il y a un an nous avions fait le catalogue de nos soucis qui avait servi de base à la discussion avec M. le Directeur du Livre. Certes aujourd’hui peu de choses sont fondamentalement réglées, mais je dois avouer que l’approche des problèmes, la volonté de dialogue du nouveau ministre de la Culture et surtout ses déclarations lors de ses deux conférences de presse nous laissent entendre que les bibliothèques et plus particulièrement les bibliothèques en milieu rural ne sont pas les grandes oubliées d’une politique de la lecture dont nous avions, jusqu’à peu, l’impression qu’elle n’intéressait pas vraiment un Gouvernement. Alors au delà des paroles, j’en appelle à ce que ce Gouvernement mette en œuvre une grande politique en matière de lecture et de bibliothèques.

Je regretterai néanmoins que la loi sur les bibliothèques n’ait pas été indiquée à ce jour dans les objectifs gouvernementaux. Je pense en effet que les dispositifs actuels, DGD, CNL, etc., malgré leur intérêt ne suffisent pas à mesurer la politique du gouvernement dans notre domaine

Quant au droit de prêt, après les méandres du printemps et les inquiétudes légitimes que nous pouvions avoir sur ce dossier, le Sénat a adopté la loi relative au droit de prêt, dans les termes (ou presque) où l’avaient laissée le Gouvernement Jospin. Ceci symbolise à mon sens la sagesse de ne pas remettre en cause des dispositifs sur lesquels il avait été bien difficile de trouver une position consensuelle.

Le dossier fondamental, sur lequel nous serons amenés, Madame, à nous retrouver, est sans doute celui de la décentralisation. Les assises locales qui ont eu lieu ici et là pendant le mois d’octobre 2002 ne nous donnent pas le sentiment d’une réflexion particulièrement avancée dans le domaine qui est le nôtre. Nous avons plutôt tendance à penser que dans le flou des compétences, celle relative à la lecture publique dévolue aux départements est un bon exemple de Décentralisation réussie. La question est plutôt de savoir où se situent les véritables territoires de la lecture publique pour un grand service public de lecture au bénéfice de l’ensemble des citoyens de notre pays. Nous aurons l’occasion d’en rediscuter lors de ces journées d’études et je vous prie de savoir, Madame la représentante du Ministre, Mesdames et Messieurs les élus, Monsieur l’Inspecteur général des bibliothèques que nous sommes d’ores et déjà dans les starting blocks de la discussion sur ce sujet.

Au sujet de la décentralisation, je crois pouvoir dire par ailleurs que nous partageons l’inquiétude ou du moins l’attente de nos concitoyens quant aux modalités de la réflexion et la mise en œuvre de la nouvelle décentralisation : Quid de l’expérimentation ? Quid de la généralisation des expériences ? A supposer que les résultats de l’expérimentation en Lorraine soient tout aussi positifs qu’en Midi-Pyrénées, mais sur des formes d’action totalement divergentes, qu’en sera-t-il des conclusions de l’Etat en vue des propositions de généralisation éventuelle de ces expériences ?

Enfin, concernant la politique de l’État - en général - vous n’êtes pas sans savoir l’attachement de notre profession à la démocratie, ce qui nous a amené au printemps dernier à faire des choix peu habituels au regard de l’activité de notre association. Cet attachement à la démocratie et aux libertés nous conduit aussi à rester vigilants sur le terrain des Libertés, plus particulièrement dans le domaine de la liberté intellectuelle, car nous sommes avant tout citoyens de ce pays.

Dois-je enfin vous rappeler que nous toujours en attente de décisions concernant le Conseil supérieur qui avait joué en son temps un rôle régulateur et d’analyse précieux pour nous tous ?

Je terminerai par l’éternelle question des statuts et de leur gestion. Il est urgent de revenir sur les statuts et les recrutements, alors que se profile à l’horizon une vague importante de départs à la retraite et que dans le même temps le CNFPT s’avère incapable de gérer les concours comme nous avons pu le voir dans le courant de l’été.

Nous allons donc pendant ces trois journées débattre de l’action culturelle, terme que nous avons préféré à celui de l’animation. Sans déflorer le sujet, le titre lui-même nous invite à la réflexion : locomotive ou danseuse ? Je citerai seulement pour appuyer mon propos deux remarques reprises dans les enquêtes qui ont été lancées à l’occasion de ces journées :

On ne dira jamais assez l’importance des animations concertées et constituées autour du livre. Le centre de ressources que représente la BDP est à la fois initiateur, moteur et assistance logistique et technique.

Aucune de nos actions culturelles n’est menée en faveur de la BDP. Seul l’intérêt des bibliothèques du réseau justifie et motive nos différentes actions

Nous allons donc approfondir ces questions, et c’est pourquoi, en remerciant les nombreux participants de ces journées je déclare ouvertes les journées d’études 2002 de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt dans le Lot-et-Garonne

 

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