Jean-François Jacques , Secrétaire général du Conseil supérieur des bibliothèques

Madame la Conseillère générale et régionale,
Monsieur le Directeur,
Madame l’Inspectrice générale,
Monsieur le Président,
Chers Collègues et Amis,

Je veux tout d’abord vous remercier de l’invitation que vous m’avez faite de participer à vos travaux. Je suis heureux de retrouver ici de nombreux collègues dans un contexte doublement nouveau pour moi. Participant pour la première fois à vos journées d’étude, je vais mieux connaître les bibliothèques et médiathèques départementales. Mais c’est aussi la première fois que je suis amené, dans de telles circonstances, à m’exprimer du point de vue de la fonction que j’occupe depuis le premier septembre. Je dis bien depuis la fonction de secrétaire général du Conseil supérieur des bibliothèques, car le Conseil lui-même n’existe pas encore, dans l’attente de la nomination de ses membres. Je ne puis donc m’exprimer en son nom.

Je veux ensuite vous féliciter du choix du thème de ces journées. Si beaucoup des questions qui agitent notre profession ont une forme technique ou professionnelle, nous savons bien que nous ne pouvons leur donner de réponse que par l’analyse des relations en jeu dans ces questions, au sein des équipements, avec les partenaires et les tutelles, avec les publics des bibliothèques. Si l’on revient un instant sur la loi sur le droit de prêt, à l’application de laquelle nous assistons maintenant, nous constatons qu’un compromis n’a pu être dégagé qu’à partir du moment où les différentes parties prenantes du débat se sont mises à réfléchir à leur interdépendance et à analyser leurs relations.

J’emploie à dessein ce terme d’interdépendance ; il met en œuvre un axe de réflexion particulier : dans l’ensemble des relations entre personnes et institutions, l’interdépendance est l’impossibilité dans laquelle se trouve chaque partie d’agir sans les autres. L’interdépendance signifie également que toute action de l’une des parties modifie le tout. Cela se vérifie dans un partenariat, une commune, une équipe de travail, une association. On pourrait ainsi évoquer bien d’autres notions associées à ce terme de relation : la complémentarité, la coopération, mais aussi, c’est important, l’affectivité, l’échange, le dialogue, sans oublier, pour l’aspect littéraire, le récit des aventures, du voyage...
Mais je vois surtout, dans votre choix, la volonté de placer la réflexion sur le terrain de la relation humaine, qui n’est surtout pas ici la ressource humaine. Ce terme instrumentalise l’individu, qu’on appelle d’ailleurs dans ce cas " l’agent et ses compétences ", autant de notions qui enferment l’individu dans sa condition statutaire et technique.

Le choix de ce terme de relation permet de penser le public des bibliothèques comme un ensemble de personnes et non plus, pour employer un terme sociologique, comme une cohorte d’usagers inscrits. Cette thématique permet de sortir de la relation de fournisseurs de documentation à utilisateurs anonymes. Je me réjouis donc de voir ainsi placée la relation à la personne au cœur de la réflexion sur le métier.

Je serai d’autant plus heureux de participer aujourd’hui à vos travaux placés sous ce signe, que je pense de plus en plus proposer de mettre le lecteur au centre des réflexions du futur Conseil supérieur des bibliothèques. Il s’agit, autant que faire ce peut, de remettre au centre des débats la relation entre les personnes et les institutions qu’elles sont amenées à fréquenter, de façon pluraliste, discontinue, aléatoire, même, mais certainement de façon beaucoup plus riche qu’on ne le croit généralement. On ne peut résumer la relation à l’usager au simple décompte d’un nombre d’inscrits ou d’un nombre de prêts ; il faut donc partir de la complexité et de la richesse des itinéraires personnels d’information et de culture.

Je ne peux vous en dire beaucoup plus sur ce que sera le CSB. Je rendrai, dans quelques semaines, le rapport qui m’a été demandé conjointement par le Directeur du livre et de la lecture et par le Sous-directeur des bibliothèques et de la documentation. Pour nourrir les propositions que je serai amené à faire, relatives au rôle, aux missions, au fonctionnement et à la composition du CSB, j’écoute beaucoup. Je suis ici aujourd’hui aussi pour cela. Je peux cependant vous dire qu’il y sera question de transversalité, d’interdisciplinarité, qu’il y sera question de la diversité des moyens et des lieux de lecture, de la relation entre les différents réseaux de l’information, de la formation, de la création et de la diffusion culturelle au centre desquels sont placées les bibliothèques.

Je souhaite que ces trois journées soient riches et productives pour votre association et pour l’ensemble de la profession.

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