Didier Guilbaud , Président de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt

M. le Directeur du Livre,
Mme le Conseiller Général de Vannes, Conseiller Régional,
Mme L’Inspectrice Générale,
M. le Secrétaire Général du Conseil Supérieur des Bibliothèques,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Introduire nos journées d’études est un exercice qui consacre l’exercice de toute une année d’activité et marque ces moments de convivialité que nous aimons bien à l’ADBDP. C’est aussi l’occasion, outre de jeter un regard sur l’année passée, et de dialoguer avec le Directeur du Livre, que je remercie d’honorer de sa présence nos journées de travail, l’occasion d’offrir un bouquet de remerciements à tous ceux qui ont œuvré pour le développement de la lecture dans nos départements, au sein de l’association, mais aussi en dehors.

Je commencerai donc par vous remercier, Madame Guillou-Moinard, et de transmettre à M. Le Président du Conseil Général tous nos remerciements pour nous avoir invités dans votre département, et je ne doute pas que grâce à Laurent Ronsin-Ménerat, directeur de la BDP, et son équipe nos journées seront un succès. Je voudrais également remercier la Mairie de Vannes de nous accueillir ici dans ces locaux.

Mais je ne peux vraiment commencer ces journées d’étude sans évoquer ici, comme je l’ai fait l’an passé ceux qui ont activement participé hier à la vie de l’association. Qu’il me soit permis d’abord de saluer avec la plus intense émotion bédépiste notre collègue et amie Martine Blanchard, qui n’a jamais manqué des journées d’études depuis la création de l’association. En raison de la maladie grave qui la ronge aujourd’hui, je voudrais dire à Martine toute notre solidarité et notre soutien dans les épreuves qu’elle traverse.

Je voudrais aussi saluer notre amie, Marie-Christine Pascal, qui est partie en face, à l’ADBGV, et qui représente ici cette association. Marie-Christine a fortement contribué à l’activité de notre association dont elle était membre jusqu’à son départ pour la ville de Chalon-sur-Saône. Je ne peux oublier également l’organisation des deux journées de l’évaluation de Mâcon en juillet dernier. Je sais, Marie-Christine, que l’Association des Directeurs de Bibliothèques Départementales de Prêt te manque. Sache que tu nous manques aussi.

Je voudrais aussi remercier ceux qui nous font l’amitié et l’honneur d’avoir accepté notre invitation. : M. le représentant de la FNNC, Mme l’inspectrice Générale, M. le Président de l’ABF, Mme la représentante de l’ADBGV, Mme la représentante du Directeur de la BPI.

Nous voilà donc ici dans le Morbihan, réunis à nouveau, après les journées d’Agen en 2002. L’année qui vient de s’écouler a été riche en événements, qu’il me sera difficile d’évoquer dans leur totalité, qu’ils concernent plus particulièrement notre association ou le monde général des bibliothèques départementales.

Notre association, outre la préparation de ces journées, a été fortement monopolisée par la mise en œuvre de l’enquête " intercommunalité " dont je rappelle que la décision de réaliser cette enquête a été prise au cours de notre dernière AG en novembre 2002. Je ne rappellerai pas maintenant l’importance de ce travail dans la réflexion à venir. Nous l’avons déjà fait et les résultats se concrétiseront en 2004 par des journées d’étude et des publications.

Notre association a aussi, conformément aux orientations prises il y a plusieurs années déjà, organisé les journées de l’évaluation à Mâcon, début juillet. Malgré le report de ces journées de travail en raison des grèves de printemps, celles-ci ont connu un franc succès. Et je voudrais là encore remercier Annie Dourlent, directrice de la BDP d’Ille-et-Vilaine, Nathalie Clerc, directrice de la BDP de l’Indre, Marie-Christine PASCAL, déjà citée, pour leur forte implication dans ces travaux. Mais je ne voudrais pas oublier, ceux qui, dans les équipes des BDP, qu’ils exercent ou non des fonctions de directeurs ont, par leur activité au sein du Groupe de travail, contribué à ce que ces travaux aboutissent. Que tous ici soient aussi remerciés.

L’actualité du monde du livre et des bibliothèques a bien entendu traversé le monde des BDP, dont le vote de la loi sur " le Droit de prêt " et ses implications à venir pour les acquisitions. Le groupe de réflexion auquel participait Martine Jan directrice de la BDP de Seine-et-Marne pour l’ADBDP, vient de livrer ses résultats, sous la forme de " recommandations aux libraires, bibliothécaires, etc... ".

J’évoquerai aussi toute l’agitation - la saine agitation - autour des problèmes de recrutement et de concours dont le point fort a été le concours d’Assistant Qualifié territorial et tous les débats de " biblio-colère " lancé par Dominique Lahary. Ce qui, aussi, nous a permis d’aboutir à une plate-forme avec la FNCC, ce dont on peut se réjouir.

Plus rapidement on notera que l’utilisation de plus en plus forte des nouvelles technologies et des messageries électroniques contribue largement à alimenter les débats. Et dans notre microcosme, je note le débat très intéressant sur la desserte, au cours de l’été dernier, sur notre liste de diffusion.

Ces journées d’études sont donc placées sous le signe des Relations. C’est vrai qu’il s’agit là d’un thème - difficile - mais omniprésent dans notre travail quotidien, que nous ne pouvions contourner éternellement.

C’est donc notre ami Laurent et son équipe qui ont été le maître d’œuvre de l’accueil de ces journées. Qu’il en soit déjà remercié, car l’essentiel de l’accueil réside souvent dans la préparation. Et à ce sujet, je me permettrai de vous demander de veiller à respecter scrupuleusement les procédures d’inscription, lourdes pour les organisateurs, même si nous nous efforçons de gérer à la marge les difficultés d’inscription.

Cette année, c’est Françoise Hecquart, Directrice de la BDP des Yvelines, qui avec quelques d’autres dont Dominique Lahary, Françoise Navarro et moi-même ont contribué à " monter " le programme, sur un thème dont la simplicité masque la complexité.

Bien entendu sans reprendre l’ensemble du programme, en exergue et en premier lieu nous explorerons l’acte de lecture avec Michèle Petit, anthropologue au CNRS ; et Claude Poissenot, sociologue, car à la source et au bout de notre travail, il y a la lecture et les lecteurs...

La majeure partie des journées sera consacrée aux acteurs de la lecture publique dans les territoires ruraux, que nous sommes avec nos équipes et que sont par ailleurs les bénévoles des réseaux de lecture départementaux. Car au cœur de la relation, il y a tout ce qui se passe dans les équipes, le rôle du directeur (n’oublions pas que nous sommes une association de directeurs de BDP), la question de la profession et du métier. Au-delà de notre équipe, la question de nos partenaires sera très présente pendant nos travaux, et nous pourrons apprécier des recherches en cours, dont nous avons eu connaissance récemment, qui contribuent à pousser notre information et notre réflexion sur les bénévoles.

Je regrette néanmoins, que malgré notre acharnement, nous n’ayons pas pu favoriser la rencontre avec ces acteurs de la vie publique que sont nos élus. La période de préparation budgétaire et les réunions multiples de session n’y sont probablement pas favorables, mais je m’inquiète de la difficulté que nous rencontrons à favoriser la réflexion commune dans les domaines que sont les nôtres, alors même qu’un débat approfondi est aujourd’hui nécessaire sur l’avenir de nos établissements dans un cadre territorial en mutation.

Avant de clore mon propos, last but not least, je m’adresserai à nos partenaires avec qui nous allons dialoguer tout à l’heure, et notamment avec M. Eric Gross, Directeur du Livre au Ministère de la Culture et j’évoquerai rapidement les Ruches, la DGD, la Décentralisation, l’ensemble de ces dossiers étant étroitement liés.

En ce qui concerne " les Ruches " ou "médiathèques de proximité ", je dirai que nous sommes dans un débat extrêmement sensible plutôt passionnel, car il pointe plusieurs aspects de la vie de nos réseaux, et s’il est probable que nous ne soyons pas en désaccord profond sur ces sujets, celui-ci fait débat dans nos établissements. Je m’explique :

" Médiathèque de proximité " dit-on à Paris, englobant à la fois les bibliothèques de quartier et les bibliothèques rurales. Certes, nous avions déjà remarqué une volonté de concret et de terrain, une volonté d’agir dans le domaine des bibliothèques de la part de notre ministre. Et nous ne pouvons que nous en réjouir, car cela faisait longtemps que les bibliothèques avaient disparu du vocabulaire ministériel, sauf pour les impliquer dans le processus du Droit de prêt.

Néanmoins, nous qui, sur le terrain, impulsons avec nos élus la création de bibliothèques de grande proximité, souvent et essentiellement avec le concours financier important des conseils généraux, voilà que, au-delà de l’estime qui nous était prodiguée, ceux-là mêmes qui à Paris ou représentant de l’Etat en région ne juraient hier que par les BMVR, découvrent le monde rural et la lecture de proximité. Nous aurions apprécié d’être associés à la réflexion et aux travaux préparatoires de ces " Médiathèques de proximité ". Certes on peut se réjouir d’un changement de position, mais nous avons appris, depuis la Décentralisation, à agir sans attendre la bonne parole... Heureusement d’ailleurs, car je n’ose imaginer ce que seraient aujourd’hui les réseaux départementaux s’il n’y avait pas eu la Décentralisation.

C’est bien d’ailleurs là l’objet d’une autre frustration. Le 1er chapitre de la Décentralisation a été maintenant écrit, et je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui beaucoup de bédépistes qui aient à regretter une réforme qui a été lourde, mais a été réalisée avec un certain succès. Aujourd’hui, du fait notamment de notre implication dans les réseaux de bibliothèques, du fait de l’activité des conservateurs territoriaux de bibliothèque en termes de conseil, d’ingénierie, de management des réseaux, nous sommes en droit de demander que des compétences des conseils généraux soient augmentées, pour une meilleure animation sur le territoire des lieux de lecture.

Toutefois, je me permettrais d’exprimer ici mon inquiétude : certes nous avons noté que le budget 2004, dans ses orientations, prend en compte ces nouvelles orientations ; mais nous ne savons pas bien ce qu’adviennent les dispositifs connus sous le nom de Concours particulier auquel nous sommes attachés, au moins parce que l’identification de la source de financement est claire.

Aujourd’hui, c’est du côté de la Directive européenne sur le Droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information que se portent nos inquiétudes. La position du Gouvernement n’est pas, sur ce sujet, conforme à notre attente et nous craignons que faute d’exceptions culturelles nous n’ayons à payer au final la facture numérique, synonyme de fracture numérique.

Voilà, en bref quelques points sur lesquels nous vous proposons d’engager, Monsieur le Directeur, le débat dans le courant de cette matinée.

Dans cette circonstance, ce qui est en jeu, comme dans le cadre de la loi sur le droit de prêt, au fond, c’est la conciliation de la protection et de la pérennité de la création (au moment où se multiplient les procédés techniques de reproduction et de diffusion) et de notre objectif commun d’assurer (et notamment grâce aux nouvelles technologies) la meilleure diffusion possible de cette création.

Aussi, je déclare ouvertes ces journées d’études 2003 de l’Association des Directeurs de Bibliothèques Départementales de Prêt.


Notes

(1) Note de l’éditeur : dotation générale de décentralisation.

(2) Note de l’éditeur : Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale.

(3) ;Note de l’éditeur : mercredi 12 novembre 2003. Pour consulter le projet de loi relatif au droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information :http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index-droitdauteur1103.htm

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