Didier Guilbaud , Président de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt 

Monsieur le Directeur du Livre,
Monsieur Le Président du Conseil Général d’Indre-et-Loire,
Monsieur le Doyen de l’Inspection Générale,
Mesdames et Messieurs les Inspecteurs Généraux,
Monsieur le Président de la Fédération Nationale des Collectivités pour la Culture
Monsieur le Secrétaire Général du Conseil Supérieur des Bibliothèques,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Nous nous sommes donc quittés, il a à peu près un an à Vannes, où nous avions été accueillis magnifiquement par notre ami Laurent Ronsin-Menerat, que je voudrais remercier une nouvelle fois pour ces journées bretonnes sur le thème de la relation.

Nous nous retrouvons aujourd’hui à Tours, et c’est avec un plaisir particulier que j’ouvre aujourd’hui ces journées d’étude, car je le fais à la fois au titre de Président de notre association, mais aussi en tant que Directeur Départemental des Bibliothèques et de la Lecture de ce département. Et je ne vous cache pas mon bonheur de vous accueillir tous ici sur mon territoire.

Mais introduire nos journées d’études, c’est aussi l’occasion de jeter un regard sur l’année passée, et de dialoguer avec Monsieur le Directeur du Livre, l’occasion de signaler l’activité de ceux qui ont œuvré pour le développement de la lecture dans nos départements,

Mes remerciements iront tout d’abord à Monsieur le Président du Conseil général d’Indre-et-Loire qui a accepté d’être présent parmi nous en ce début de matinée, car il est rare que nous ayons l’honneur d’accueillir le Président du Conseil général à l’ouverture de nos travaux. Je vous suis reconnaissant d’honorer de sa présence les Journées de l’ADBDP.

Monsieur le Directeur du Livre, cher Eric Gross, je vous remercie très vivement et très chaleureusement de participer cette année encore à nos travaux. Nous avons pu apprécier depuis deux ans votre attachement à la cause du livre et de la lecture et savons combien vous êtes à nos cotés pour défendre la cause des bibliothèques en milieu rural, à travers notamment le programme des Ruches, dont nous avions parlé l’an passé.

Je ne peux néanmoins que regretter que notre Ministre de la culture, ne soit présent parmi nous. Parce que M. Renaud Donnedieu de Vabres, député d’Indre-et-Loire, est assez prompt à se déplacer sur ses terres d’élection pour des questions de patrimoine ou pour décorer certain écrivain mondain... Je ne peux manquer d’y voir un signe de désintérêt pour les bibliothèques,.

Les bibliothèques des réseaux départementaux ne rassemblent, somme toute, que quelques dizaines de milliers de lecteurs et ne sont bien, comme je l’ai déjà dit ailleurs, que l’autre Bibliothèque nationale de France.

Il y a deux ans de cela, les bibliothèques et plus particulièrement les bibliothèques du milieu rural réapparaissaient dans les discours ministériels après de longues années d’absence. S’agissait-il d’une embellie provisoire ? Je constate un fléchissement de la politique nationale dont témoigne le budget du livre (dont l’augmentation couvre pour l’essentiel les engagements de l’Etat dans le cadre de la mise en œuvre du droit de prêt ) alors que d’autres secteurs voient leur budget augmenter de manière beaucoup plus significative.

Justement, concernant l’application de la directive sur le droit de prêt, je sais bien que vous avez mis en place un dispositif compensatoire pour les collectivités qui auront fait l’effort d’augmenter leur budgets d’acquisition. Mais, hélas, tous les conseils généraux ne l’ont pas fait, et, globalement aujourd’hui, nos budgets sont grevés de 10%, privant ainsi les lecteurs de nos réseaux de lecture publique.

Dans le chapitre de ce qui ne va pas, je vous réaffirme ici notre profond désaccord sur le projet de " Loi sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information ", dont vous nous aviez annoncé la mise en œuvre lors de nos dernières journées d’étude en 2003.

Cette loi, contradictoire avec l’esprit du libéralisme et fait la part belle aux ayant tous les droits aux dépens de l’usager ordinaire des bibliothèques. Nous l’avons dit, nous ne sommes pas pour la gratuité à tout crin, mais en tout cas, nous ne pouvons être assimilés à des pirates de l’internet et de la musique, dans l’esprit d’un article du journal Le Monde de juin dernier [1] sous la signature du Ministre de la culture.

Par ailleurs, cette année a été riche d’interrogations sur la fonction et le positionnement de directeur de bibliothèque départementale de prêt :

  • Il y a eu les recrutements de directeurs en dehors de la filière culturelle, recrutements qui nous interpellent sur la nature de nos fonctions et les qualifications requises pour les exercer.
  • Et puis, nous avons été alertés, il y a quelque temps, du retour à l’Etat de conservateurs détachés auprès de conseils généraux. Mais loin de moi la tentation d’accuser l’Etat pour des affaires qui relèvent purement de la gestion territoriale.

L’ADBDP a prouvé depuis longtemps, d’une part son attachement à la Décentralisation (qui n’est d’ailleurs pas achevée pour toutes les bibliothèques territoriales), d’autre part son absence de dogmatisme et de corporatisme. Ce qui nous préoccupe vraiment, au-delà de l’émotion légitime face à des situations particulières, c’est l’avenir de la lecture publique dans les territoires départementaux c’est la qualité des personnels et la reconnaissance de leurs qualifications et de leur compétence.

Ceci m’amène aussi à réaffirmer ici l’urgence d’une loi sur les bibliothèques, ainsi qu’un contrôle technique réel et efficace, que pourrait effectuer l’inspection générale des bibliothèques. Car, au-delà des BDP et des personnels d’Etat en détachement, qui peut aujourd’hui accompagner les personnels territoriaux en difficulté avec leurs collectivités ? Je pense notamment aux personnels des petites communes souvent seuls au prise avec leurs difficultés (personnels que nous, directeurs de BDP, assistons au mieux, jouant ainsi un rôle de conseil et d’inspection...bref, de Conservateur général).

Ceci ne nous empêche pas et ne nous empêchera pas de poursuivre, au sein de cette association, une activité intense avec l’objectif de dynamiser la lecture publique en France et plus particulièrement dans les territoires ruraux de nos départements.

Notre association n’a pas chômé cette année, que ce soit :

  • dans le domaine de l’informatique en réseau, avec les journées d’étude de juin dernier sur les réseaux informatisés. Que Dominique Lahary et sa collaboratrice Victoria Courtois, ainsi que Suzie Rouselot qui nous accueillait à Colmar en soient vivement remerciés.
  • Dans le domaine de la formation, avec l’énorme travail réalisé par le groupe formation sous la conduite de Françoise Hecquard. Le groupe devrait, l’an prochain, proposer une journée d’étude sur le thème du " stage d’initiation à la gestion d’une bibliothèque " merci Françoise.
  • Merci encore à Dominique Lahary pour son activité intense auprès de l’inter-association pour tous les travaux concernant la " Loi sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information ".
  • Et puis merci au groupe de travail qui a mené à la fois l’enquête sur l’intercommunalité et la mise en œuvre de ces journées. Je pense plus particulièrement à Jean-Michel Paris et Nelly Vingtdeux pour leur participation active, et parfois épique, à la réalisation et la conclusion de l’enquête lancée en collaboration avec l’ADBGV [2] sous la direction scientifique de l’Observatoire des Politiques Culturelles et des chercheurs.
  • Je voudrais aussi signaler le soutien de l’ADBDP à la COBB [3] et à nos collègues bretons qui ont travaillé sur la rédaction d’un guide sur >I>"La mise en réseau des bibliothèques".

Nos journées d’étude sont donc placées sous le signe des territoires, en conclusion des travaux sur l’intercommunalité que je viens d’évoquer. En effet, il nous a semblé important de ré-interroger les territoires après quatre ans de mise en place des lois Chevènement et Voynet et de voir quelles implications nouvelles le champ ouvert de l’intercommunalité pouvait offrir aux territoires départementaux.

Nos journées se déclineront donc en trois temps :

  • Une première journée consacrée à une mise à plat des connaissances et des recherches dans ce domaine, en particulier du côté des géographes, des élus et des acteurs de l’intercommunalité.
  • Une deuxième journée nous permettra de recadrer les aspects juridiques et les initiatives des conseils généraux ici et là, en France, dans la perspective ces évolutions territoriales ;
  • La dernière matinée nous conduira à faire de la prospective, tant du point de vue étranger, que du point de vue sociologique.

Aussi, en vous remerciant tous, d’avoir choisi de venir ici à la Maison des Sports de Touraine pour ce match sur les Territoires, je déclare ouvertes ces journées d’étude 2004 de l’ADBDP.

Notes

[1] " La piraterie sur Internet ", crime contre l’esprit, Renaud Donnedieu de Vabre, Le Monde, 19 juin 2004.

[2] Association des directeurs des bibliothèques des grandes villes de France(http://www.adbgv.asso.fr/).

[3] Agence de Coopération des Bibliothèques et Centres de Documentation en Bretagne (http://www.hermine.org/)

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